Liens d'accessibilité

Les républicains veulent faire capoter le planning familial aux Etats Unis


Des manifestantes américaines pour le droit à l'avortement

Des manifestantes américaines pour le droit à l'avortement

Planned Parenthood, le planning familial qui gère entre 650 et 700 centres de santé aux Etats-Unis est au cœur d’une controverse depuis juillet. Un militant anti-avortement, David Daleiden, a filmé en cachette pendant plus de deux ans ses rencontres avec des responsables de l'organisation. Il s’est fait passer pour une société intermédiaire fictive entre les cliniques d'avortement et le monde de la recherche.

Il affirme que ses vidéos montrent des responsables discutant de la vente de tissus et d'un changement de protocole afin de préserver intacts certains organes, ce qui serait illégal. Les tissus sont utilisés dans de multiples domaines de recherche, comme la trisomie ou les maladies infectieuses.

Mais le planning familial dénonce des montages sélectifs, et insiste que la seule discussion d'argent concernait le dédommagement pour frais (transport, administratif), ce qui est légal. Les accusations, « fondées sur des vidéos très bricolées, sont insultantes et catégoriquement fausses », a répété Cécile Richards, la president de l'organisation.

Les conservateurs sont décidés à exclure Planned Parenthood des dispositifs de remboursements fédéraux, notamment le système d'assurance des plus modestes, Medicaid, alors que le planning familial dépend à hauteur de 450 millions de dollars de deniers fédéraux pour ses activités autres que les IVG. Aucun argent fédéral ne peut payer pour des avortements, sauf en cas de viol, inceste ou danger pour la vie de la femme.

Le ton est monte mardi, Jason Chaffetz, le président républicain de la commission déclarant : « C'est une organisation qui n'a pas besoin de subventions fédérales », dont il dénonce la mauvaise gestion supposée et l'activisme politique. Le républicain Jim Jordan a interrompu Cécile Richards en permanence. « Prenons l'argent d'une entreprise privée qui fait des choses barbares... et donnons-le à d'autres centres de santé approuvés, » a-t-il lancé.

Les républicains veulent donc transférer les fonds de Planned Parenthood à d'autres centres de santé, mais Barack Obama et les démocrates sont déterminés à protéger le réseau.

Cécile Richards a déclaré que les cliniques du réseau desservaient majoritairement des populations modestes, qui en dépendent pour la contraception, les dépistages anticancéreux et contre les maladies sexuellement transmissibles. Les quelque 300.000 avortements réalisés chaque année dans le réseau représentent seulement 3% des services, selon elle.

Soutenue par les démocrates, elle a aussi fait valoir que la polémique était un prétexte, car 1% seulement de ses cliniques ont participé à des dons volontaires de fœtus par des patientes.

Le démocrate Gerald Connolly a explosé, dénonçant des méthodes d' « intimidation » et la « misogynie galopante » des républicains. La démocrate Carolyn Maloney a ajouté qu’ils "s'opposent presque universellement au droit des femmes de choisir, au droit constitutionnel à l'avortement. »

Les vidéos réalisées par David Daleiden ont relancé l'assaut des conservateurs contre une organisation très liée aux démocrates, et emblématique du droit à l'avortement, généralisé aux Etats-Unis en 1973 par un arrêt de la Cour suprême.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG