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Les républicains avertissent Obama contre toute fermeture de Guantanamo


Le sénateur Pat Roberts (Kansas) à droite, avec le sénateur Cory Gardner (Colorado), lors d’une conférence de presse au Capitol Hill à Washington sur le cas du centre de détention militaire à Guantanamo (5 Novembre 2015). Source : AP

Le sénateur Pat Roberts (Kansas) à droite, avec le sénateur Cory Gardner (Colorado), lors d’une conférence de presse au Capitol Hill à Washington sur le cas du centre de détention militaire à Guantanamo (5 Novembre 2015). Source : AP

Les républicains du Congrès américain ont dénoncé préventivement lundi le possible transfer aux Etats-Unis de détenus de la prison de Guantanamo, que le président Barack Obama envisage de fermer malgré l'interdiction du Congrès.

Barack Obama pourrait décider de concrétiser sa promesse de campagne avant la fin de son mandat en janvier 2017, et fermer le centre de détention militaire, situé à Cuba, emblématique de l'après 11-Septembre et où se trouvent encore 112 détenus. Ce plan impliquerait de transférer une cinquantaine d'entre eux aux Etats-Unis. Les autres, considérés comme moins dangereux, seraient transférés à l'étranger.

Mais un tel acte se ferait en défiance du Congrès, qui depuis 2011 a inscrit dans la loi l'interdiction pour le Pentagone d'utiliser des fonds pour ramener des détenus aux Etats-Unis.

Le Pentagone devrait publier "très bientôt", selon le porte-parole Jeff Davis lundi, un plan évaluant les sites possibles aux Etats-Unis."Nous avons un plan qui nous permet d'atteindre l'objectif du président de fermer Guantanamo et nous enverrons ce plan au Congrès très bientôt", a dit le porte-parole.

Au moins quatre sites sont envisagés: sur la base militaire de Fort Leavenworth dans le Kansas, au centre des Etats-Unis; une prison fédérale à Florence et un pénitencier d'Etat à Canon City dans le Colorado voisin; et une prison militaire à Charleston en Caroline du Sud, sur la côte Est. Ces installations auraient besoin d'être modifiées afin d'atteindre un niveau de sécurité maximum.

Les élus républicains des Etats concernés estiment que l'arrivée des "pires terroristes du monde" représenterait une menace pour les habitants aux alentours, et promettent un affrontement au Congrès.

Le sénateur de Caroline du Sud Tim Scott a accusé Barack Obama "de parier sur la sécurité nationale pour tenir une promesse de campagne". Il a noté que la prison de Charleston était à deux ou trois minutes de plusieurs écoles et d'une douzaine d'églises.

Dans le Colorado, le sénateur Cory Gardner a souligné que le site envisagé était à environ une heure de plusieurs installations militaires, notamment le siège du commandement américain de la région militaire Nord (Northcom).

"Personne ne va attaquer Guantanamo", a dit le sénateur du Kansas Pat Roberts. "Mais si on mettait les détenus en Caroline du Sud, dans le Kansas ou le Colorado, ces villes deviendraient immédiatement des cibles". Selon lui, des groupes comme l'organisation Etat islamique pourraient faire de ces transfèrements un outil de propagande pour recruter des militants.

"Ils ne devraient pas être aux Etats-Unis, nous devons les laisser à Guantanamo", a insisté Pat Roberts.

Avec AFP

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