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Les reformateurs iraniens misent sur le second tour des legislatives


Des journalistes iraniens attendent l'annonce des résultats des élections législatives et de l'Assemblée des experts au ministère de l'Intérieur, à Téhéran, en Iran, le 27 février 2016. (AP Photo / Vahid Salemi)

Des journalistes iraniens attendent l'annonce des résultats des élections législatives et de l'Assemblée des experts au ministère de l'Intérieur, à Téhéran, en Iran, le 27 février 2016. (AP Photo / Vahid Salemi)

Les réformateurs et modérés espèrent emporter le scrutin pour former une assemblée favorable à la politique du président Hassan Rohani.

Dix-sept millions d'électeurs étaient appelés à voter, contre 55 millions au premier tour du 26 février, pour élire 68 des 290 députés. Le scrutin s'est déroulé notamment dans les grandes villes comme Tabriz (nord-ouest), Shiraz (sud) ou Ahvaz (sud-ouest).

La plupart des ultraconservateurs ayant perdu au premier tour, l'assemblée pourrait être composée de députés réformateurs et modérés pro-Rohani, ainsi que de conservateurs modérés et pragmatiques plus conciliants à l'égard de la politique du président.

Selon Mohammad Hossein Moghimi, responsable des élections au ministère de l'Intérieur, la participation a été "impressionnante" à travers le pays. Elle avait été de 62% le 26 février.

Un total de 221 députés ont été élus dès le premier tour, presque à égalité entre les deux camps, réformateurs/modérés et conservateurs, ainsi qu'une quinzaine d'indépendants.

Les 30 sièges de Téhéran, auparavant tous détenus par les conservateurs, ont été remportés par les réformateurs et modérés (ou alliés) soutenant la politique d'ouverture du président Rohani.

Selon les médias, les conservateurs disposent de plus de candidats que les réformateurs pour ce second tour, mais l'issue du scrutin reste incertaine, la participation étant en général moins forte pour le second tour des législatives.

Le nouveau Parlement, qui comprendra au moins 13 femmes élues au premier tour contre 9 dans le Parlement sortant, se réunira fin mai pour élire son nouveau chef. Le président conservateur modéré sortant, Ali Larijani, et le chef de file des réformateurs et modérés, Mohammad Reza Aref, devraient être en lice.

Contrairement aux plus radicaux de son camp, Ali Larijani a défendu l'accord historique de juillet 2015 sur le nucléaire conclu entre Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne).

Un an avant la présidentielle de 2017, à laquelle il devrait se représenter pour un second mandat de quatre ans, le président Rohani mise sur les retombées de cet accord pour faire baisser le chômage qui touche 11% de la population active, et près de 25% de jeunes.

L'ayatollah Ali Khamenei, l'homme fort du pays qui a la main sur les grands dossiers nationaux et internationaux, a récemment souligné que l'Iran avait maintenant besoin de résultats "tangibles".

Il a accusé "l'ennemi" historique, les Etats-Unis, de faire pression sur les pays européens afin d'empêcher l'Iran de bénéficier concrètement de l'accord, incitant ses compatriotes à privilégier "l'économie de résistance", axée sur la production nationale.

Les grandes banques européennes hésitent à intervenir en Iran, inquiètes de possibles représailles de la part de Washington qui continue à sanctionner Téhéran pour ses atteintes aux droits de l'Homme, son soutien présumé à des organisations "terroristes" et son programme de missiles balistiques.

Avec Afp

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