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Les ratés de l'Obamacare planent sur la course à la Maison Blanche


Les Américains apprennent que leurs primes d’assurance-maladie seront plus chères en 2017, mettant à mal les promesses de "l'Obamacare".

La réforme de l'assurance-santé s'est déjà taillée une petite place dans les joutes verbales entre les prétendants à la Maison Blanche. Le républicain Donald Trump veut abroger cette "horrible chose" tandis que sa rivale démocrate Hillary Clinton veut la maintenir en y apportant toutefois des "améliorations".

Mais, à moins d'un mois du scrutin, certains effets indésirables de la réforme de 2010 se font sentir dans des Etats-clés et pourraient faire réfléchir les électeurs indécis qui devront mettre la main au portefeuille pour continuer de bénéficier d'une couverture santé.

Dans l'Etat crucial de la Floride, les primes payées par certains assurés pourraient flamber en moyenne de 19% sur un an et même davantage en Géorgie (+33%) et en Arizona (+68%), deux bastions républicains que les démocrates espèrent conquérir cette année.

Le président Obama lui-même a reconnu que sa réforme-phare pouvait être "déroutante" tandis qu'un de ses prédécesseurs, Bill Clinton, le mari d'Hillary, a été plus loin en affirmant qu'il s'agissait de "la chose la plus cinglée dans le monde".

Selon les analystes, la population effectivement concernée par cette vaste refonte reste limitée. Car 60% des Américains sont couverts via leur employeur et restent totalement à l'écart de la réforme.

Au total, 11 millions de personnes, sur une population totale de quelque 300 millions, ont souscrit au nouveau système d'achat d'assurance sur un marché règlementé par les autorités, et une grande partie d'entre eux (83%) reçoivent par ailleurs des fonds publics pour compenser la hausse des coûts.

La polarisation politique autour de cette réforme et la perspective de nouvelles hausses des coûts pourraient peser sur le scrutin.

-Plus de 90% des Américains assurés-

Les promoteurs de la réforme continuent toutefois d'en défendre les mérites.

L'Affordable Care Act de 2010 a rendu obligatoire la souscription d'une assurance et mis en place un système de subventions pour aider les plus défavorisés à en acquérir une.

Depuis, près de 20 millions de personnes supplémentaires ont eu accès à une couverture santé, le taux de non-assurés (9,1% de la population) est à son plus bas niveau historique et les compagnies d'assurance ne peuvent plus rejeter des patients jugés "à risques".

Selon les sondages, la réforme continue toutefois de diviser profondément le public, avec un léger avantage pour les mécontents, à un moment où les questions d'assurance-santé se classent en quatrième position des préoccupations des électeurs, selon l'institut Pew Research Center.

Tout le monde s'accorde sur la nécessité d'améliorer le système. "Les primes sont devenues trop élevées (…) Je vais remédier à ça", a admis Mme Clinton lors du second débat présidentiel.

Son rival républicain, dont la position sur Obamacare a évolué, veut désormais revenir à un système entièrement contrôlé par le secteur privé en faisant le pari qu'une concurrence accrue fera baisser les prix.

Avec AFP

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