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Les pays occidentaux, accusés d'affaiblir les systèmes de santé africains


Des mèdecins soignant des victimes du virus à Ebola au Libéria (Reuters)

Des mèdecins soignant des victimes du virus à Ebola au Libéria (Reuters)

L’ONG Health Poverty Action dénonce notamment le recrutement par ces pays de centaines de médecins et infirmiers du continent africain.

Une organisation humanitaire britannique accuse des pays occidentaux d’affaiblir les systèmes de santé publique africains à l’heure où ils arrivent à peine à mener la lutte contre la fièvre hémorragique à virus Ebola. L’ONG Health Poverty Action dénonce notamment le recrutement par ces pays de centaines de médecins et infirmiers du continent africain.

Récemment, 45 malades du virus à Ebola ont pu vaincre la maladie en Sierra-Leone, grâce aux soins qui leur ont été prodigués au centre de traitement Hastings près de la capitale Freetown. « Je peux maintenant bien manger. Je n'ai plus mal au ventre, plus de maux de tête, et plus de douleurs au cou. Eh bien oui, je ne souffre plus », a déclaré Hawanatu Turay, une survivante.

Il n’y a que des médecins sierra-léonais qui travaillent dans ce centre de traitement. Ce qui est très rare dans ce pays dont le système de santé publique laisse beaucoup à désirer, d’après le directeur de Health Poverty Action, Martin Drewry. « Il est important de savoir que, même si Ebola se transmet entre humains, l’épidémie est susceptible de s’aggraver à cause d’un manque de personnel soignant et des carences dans le système de santé », dit-il.

M. Drewry pointe du doigt un investissement inadéquat, mais aussi ce qu'il qualifie de « pillage » par des pays occidentaux des agents de santé formés en Afrique. Il cite, en exemple, le National Health Service ou le NHS britannique qui a recruté 10 % du personnel médical formé en Sierra-Leone. Une situation injuste, crie le patron de l’ONG londonienne, qui affirme toutefois ne pas être contre l’émigration de médecins et d’infirmiers.

La réplique du gouvernement britannique n’a pas tardé. Il affirme que « les professionnels de la santé cherchent souvent à travailler à l’étranger pour acquérir de nouvelles expériences et renforcer leurs compétences ».

Mais pour M. Drewry, si les pays les plus riches sont en train de tirer profit des pays les plus pauvres, il faut leur renvoyer l’ascenseur par le truchement d’une subvention.

Londres rappelle avoir déjà déployé un total de 750 militaires pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, tandis que Washington compte y envoyer 4.000 soldats. Il s’agit là d’une aide prépondérante, de l’avis de Sophie Harman de l'Université Queen Mary de Londres.

« N’envoyer que de l'argent est un problème. Où va cet argent? Et à quel rythme sera-t-il être utilisé sur le terrain pour venir en aide à ces pays et ces populations qui en ont désespérément besoin ? », s’interroge-t-elle.

Au Liberia, la Présidente Ellen Johnson Sirleaf a récemment exhorté des centaines de médecins libériens travaillant à l'étranger à rentrer au pays. Mais son propre fils - lui-même médecin - a choisi de rester aux Etats-Unis, expliquant qu'il peut ainsi mieux combattre la maladie dans son pays d’origine.

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