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Les pays africains, penchés sur l'avenir de la filière café


Les producteurs africains de café sont rassemblés au Cameroun pour tenter de relancer la production, en déclin depuis de nombreuses années. Selon certaines estimations, elle aurait chuté de jusqu’à 70 %.

Le règne de l’Afrique sur les secteurs café/cacao s’est achevé depuis longtemps. Si dans les années 1980, le continent produisait 40 % du café mondial, il ne s’agit aujourd’hui que d’à peine 10 %. Les pays d'Amérique latine et d'Asie - notamment le Vietnam - ont pris la relève.

Pour l’exportateur camerounais Buinda Albert, il ne fait aucun doute que la crise économique de la fin des années 1980 et du début des années 1990 a été fatale à l’Afrique. Les gouvernements africains ont suspendu leur aide financière et technique aux producteurs de café, rappelle-t-il.

Parmi les autres facteurs à l’origine de ce déclin : le changement climatique, le vieillissement des plantations et l’abandon du secteur au profit du pétrole et autres ressources minérales.

Ce qui fait que des millions d’Africains qui vivaient du café se sont retrouvés au chômage, souligne l’analyste Roger Betalla. Le PIB de nombre de pays africains a souffert de la crise du secteur, ajoute-t-il.

La rencontre de Yaoundé vise à identifier les moyens d’augmenter la production d’au moins 50 % sur deux ans.

Pour Bedimo Joseph , chercheur agricole pour le compte de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), l'Afrique doit travailler avec les géants du café des autres continents – tel que le Brésil, qui représente aujourd'hui un tiers de la production mondiale de café. La CEMAC coopère avec des chercheurs de ce pays, et des agronomes français, pour améliorer les variétés et augmenter les rendements, dit-il.

John Schrutter, de l’ONG Coffee Africa, ne doute pas de la capacité de pays tels que le Cameroun, la Côte d’Ivoire ou encore la République démocratique du Congo (RDC) à atteindre les buts fixés. La consommation de café augmente à travers le monde, et le café africain est appelé à rejouer un rôle de premier plan, dit-il. La recherche, l’application d’engrais, le rajeunissement des plantations, sont autant de mesures qui peuvent assurer la relance du secteur, selon lui.
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