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Les paiements directs aux pauvres pourraient aider à financer le développement en Afrique


Shanta Devarajan, économiste en Chef pour la Région et Afrique du Nord à la Banque mondiale,

Shanta Devarajan, économiste en Chef pour la Région et Afrique du Nord à la Banque mondiale,

Deux chercheurs de la Banque mondiale, les économistes Shanta Devarajan et Marcelo Giugale, ont élaboré une stratégie sur les moyens de permettre aux ressources naturelles de devenir un meilleur outil de financement du développement à travers l’Afrique.


Les pays africains regorgent de ressources naturelles, mais les recettes qui en sont tirées ne sont pas transférées aux populations et ne semblent ni financer la croissance de l’économie, ni réduire la pauvreté.

C’est sur ce problème que les deux chercheurs se sont penchés et dans une récente étude, ils parviennent à la conclusion que l’on pourrait assainir la gouvernance et améliorer le niveau de vie des défavorisés en transférant aux populations un pourcentage des recettes gouvernementales tirées des ressources minérales et autres.

En d’autres mots, tout comme une banque privée, le gouvernement verserait des dividendes aux populations. Un objectif d’autant plus urgent que de mois en mois, de nouvelles richesses gazières ou minérales sont découvertes dans de multiples pays.
Selon M. Devarajan, économiste en chef pour la Région Moyen Orient et Afrique du Nord à la Banque mondiale, les pays riches en pétrole « ont échoué à traduire ces recettes pétrolières en croissance soutenue et en réduction de la pauvreté ». Par exemple, poursuit-il, les pays d’Afrique centrale « ont les indicateurs de développement humains parmi les plus faibles au monde ». C’est dû notamment au fait que les recettes pétrolières ou minérales sont traitées différemment des recettes fiscales par l’Etat.

Contrairement aux impôts directs, ces recettes « vont directement des entreprises pétrolières à l’Etat, sans passer par les citoyens du pays ». Du coup, les citoyens ne connaissent pas le montant exact des recettes. « C’est toujours un secret entre l’entreprise et l’Etat » explique M. Devarajan. « Et ils n’ont pas assez d’incitation à suivre les dépenses de l’Etat. Ils ne pensent pas qu’il s’agit là de leurs revenus, malgré le fait que c’est le cas, parce qu’ils n’ont pas payé d’impôts pour que l’Etat puisse gagner ces recettes ».

Des paiements directs aux populations, même modestes, auraient un net impact sur la pauvreté, affirme l’Economiste en chef de la Banque mondiale. « Pour les pauvres, cela représenterait une grande partie de leurs revenus. Et on peut faire passer le taux de consommation des pauvres jusqu’à 1,25 dollars par jour, ce qui est la ligne de pauvreté pour presque 90 % d'entre eux », conclue-t-il.
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