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L’opposition congolaise rejette l’indemnisation des victimes des violences du 19 et 20 septembre

  • Eddy Isango

Des manifestants lors des émeutes à Kinshasa, 19 septembre 2016.

Des manifestants lors des émeutes à Kinshasa, 19 septembre 2016.

L’opposition a levé le deuil de trois jours organisé en mémoire des victimes des affrontements qui ont opposé les forces de l’ordre aux manifestants qui réclamaient la tenue de l’élection présidentielle avant le 19 décembre et le départ du pouvoir du président Joseph Kabila à cette date.

La Rassemblement, plate-forme regroupant les ténors et la plus grande partie de l’opposition sous la coupe d’Etienne Tshisekedi, a, à cette occasion, réitéré le rejet des 5.000 dollars que le gouvernorat de Kinshasa propose aux familles de chaque personnes tuée dans ces violences.

"Cela s’apparente à une provocation et c’est très cynique parce que l’Etat congolais ne peut pas en même temps tuer des gens et organiser le deuil de ceux qui l’a tués. Nous, nous avons dit qu’il n’en sera pas question. Ces morts n’ont plus besoin de 5.000 dollars mais d’apprendre que la cause pour laquelle ils sont morts a été entendue ", a déclaré dans une interview à VOA Afrique Jean-Marc Kabund-a Kabund, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), parti de M. Tshisekedi.

Le gouvernorat de Kinshasa a lancé quelques jours plutôt une opération d’enregistrement des victimes, proposant un montant de 5.000 dollars aux familles de chaque victime.

André Kimbuta, le gouverneur de la ville s’est même plaint que l’UDPS empêche ses membres de se faire assister.

"J’ai entendu le gouverneur se plaindre à travers les médias…. J’ai aussitôt répondu : Il prétend honorer ceux qui sont morts, mais nous disons qu’honorer la mémoire des morts, c’est demander à M. Kabila de respecter la Constitution, de quitter le pouvoir le 19 décembre parce que ce sont morts qui l’ont exigé", a affirmé M. Kabund.

Des condamnations : de 5 mois à 25 ans de prison

La levée du deuil de Rassemblement a coïncidée avec des condamnations prononcées en procédure de flagrance dans le cadre d’un procès contre 138 personnes arrêtées lors des manifestations violentes de la semaine dernière.

Selon le verdict, 100 écopent de peines allant de 45 jours à 25 ans de prison et 38 autres sont acquittés dans ce procès qui se tient à la prison centrale de Makala, à Kinshasa.

"Ça ne nous surprend pas, c’est parmi les méthodes de ce régime… Les condamnations ne pourront pas nous effrayer car nous, les leaders de Rassemblement, sommes déjà sous le coup des mandats d’arrêts mais nous disons à nos combattants en prison d’être forts et de continuer la résistance pour le respect strict de la Constitution", a indiqué M. Kabund.

Le porte-parole du gouvernement avait accusé l’opposition d’avoir drogué des délinquants qu’elle a envoyés ensuite piller, détruire et commettre des actes de violence lors de ces émeutes dont le bilan varie entre 32 morts (selon la police) et plus de 100 morts (selon le Rassemblement).

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