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Les opposants au décret migratoire de Trump accentuent leur pression

  • VOA Afrique

Le secrétaire à la sécurité intérieure John Kelly (g), le secrétaire d'Etat Rex Tillerson (c) et l'Attorney General Jeff Sessions (d), après la signature du nouveau décret migratoire du président Donald Trump, Washington, le 6 mars 2017.

Plusieurs Etats américains démocrates ont accentué lundi leurs efforts judiciaires visant à suspendre le nouveau décret anti-immigration du président Donald Trump, de préférence avant son entrée en vigueur prévue jeudi.

Le gouvernement a répliqué dans un mémoire envoyé ce même jour à un juge de Hawaï, en affirmant que les restrictions d'entrée aux Etats-Unis de certains types d'étrangers relevaient "de l'exercice valide de l'autorité présidentielle conformément à la loi".

L'Etat de Washington, joint par cinq autres Etats, a de nouveau saisi lundi un juge de Seattle qui, le 3 février, avait bloqué le premier décret migratoire du président républicain.

Bob Ferguson, le plus haut responsable de la Justice de l'Etat de Washington, espère obtenir une suspension similaire pour le deuxième décret, pourtant remanié et présenté par le gouvernement comme n'offrant cette fois aucun angle de contestation possible.

Dans son recours adressé au magistrat James Robart, M. Ferguson demande la tenue d'une audience en urgence mardi, en accusant le gouvernement de chercher à s'exonérer du premier jugement qui lui était défavorable.

"Quand un tribunal interdit à un défendeur d'appliquer certaines mesures, ce même défendeur ne peut contourner cette injonction en annonçant qu'il ne continuera qu'avec quelques-unes de ces mesures illégales. C'est pourtant ce que tente de faire (le gouvernement)", a écrit Bob Ferguson.

Le juge Robart a répondu lundi qu'il n'organiserait pas d'audience avant mercredi au plus tôt, et a ordonné au gouvernement de répondre aux arguments avancés dans le mémoire déposé par les six Etats contestataires.

Autre Etat de la côte ouest du pays, la Californie a annoncé lundi qu'elle se joignait à l'action judiciaire de l'Etat de Washington. Celle-ci bénéficie aussi du soutien du Massachusetts, de l'Oregon, du Maryland et de l'Etat de New York.

"Le gouvernement Trump a peut-être modifié son texte, aujourd'hui discrédité, d'interdiction d'entrée aux musulmans, mais il n'en a changé ni l'esprit ni les effets anticonstitutionnels", a estimé dans un communiqué Xavier Becerra, l'homologue de Bob Ferguson pour la Californie.

"Le second décret du président Trump n'est qu'une exclusion des musulmans, sous un autre nom", a abondé Eric Schneiderman, le procureur général de New York, en accusant le texte de "saper l'économie, les institutions et les familles de New York".

L'Etat de Hawaï a également introduit un recours en justice distinct contre le nouveau décret, ainsi que plusieurs organisations de défense des libertés et des réfugiés, qui ont elles saisi un juge de l'Etat du Maryland.

Deux cours fédérales à Hawaï et dans le Maryland ont déjà prévu des audiences mercredi dans le cadre de cette grande bataille de droit, pour laquelle les avocats du ministère de la Justice sont sur le pied de guerre.

Le nouveau décret migratoire du président Trump a déjà rencontré un premier obstacle vendredi, un juge fédéral du Wisconsin ayant écarté son application pour l'épouse et l'enfant d'un Syrien déjà réfugié aux Etats-Unis.

Le nouveau texte ferme temporairement les frontières américaines aux réfugiés du monde entier et aux citoyens de six pays majoritairement musulmans.

Il interdit l'entrée à tous les réfugiés durant 120 jours et suspend l'octroi de visas durant 90 jours pour les ressortissants d'Iran, de Libye, de Syrie, de Somalie, du Soudan et du Yémen.

Ce décret est une forme atténuée de la version du 27 janvier qui avait provoqué une onde de choc dans le monde.

Avec AFP

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