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Les ONG à Goma demandent le maintien de la loi américaine Dodd-Frank


Des creuseurs artisanaux à la recherche du coltan dans un site au Nord-Kivu, 2015. (VOA/Charly Kasereka)

Des creuseurs artisanaux à la recherche du coltan dans un site au Nord-Kivu, 2015. (VOA/Charly Kasereka)

Quarante-et-une ONG de Goma, dans la province du Nord-Kivu, en RDC, ont adressé un mémo à l’administration Trump, lui demandant de maintenir dans sa forme actuelle la loi Dodd Frank, régulant les marchés financiers et protégeant les consommateurs. Leur demande tombe en réaction à la volonté de l’administration Trump d’annuler la loi.

Les organisations 41 mettent en avant les impacts de cette loi, dans sa forme actuelle, sur la vie socio-économique dans les zones d’exploitation de minerais au Kivu.Les opérateurs du secteur minier veulent, eux, que la loi soit annulée comme le veut l’administration Trump.

Des creuseurs artisanaux recherchent des minerais dans un site au Nord-Kivu, 2015. (VOA/Charly Kasereka)

Des creuseurs artisanaux recherchent des minerais dans un site au Nord-Kivu, 2015. (VOA/Charly Kasereka)

Les 41 associations de la société civile œuvrant dans le secteur des ressources naturelle ont réagi dès l’annonce de la remise en cause de cette loi par le nouveau président américaine.

Elles qualifient l’annonce de grave recul.

’’ Quand nous entendons aujourd’hui que l’administration américain est entrain de vouloir mettre en cause cette loi, ça nous surprend. C’est comme ça que 41 organisations viennent de signer une déclaration demandant à l’administration Trump de ne pas suspendre cette loi, surtout sa section 1502. Si non ce serait replonger le peuple congolais dans ce qu’on appelait minerais de sang’’, affirme Prince Kihangi, membre d’une des 41 ONG.

Pour le regroupement de négociants miniers, qui sont comme les intermédiaires entre creuseurs artisanaux et acheteurs locaux, la loi Dodd Frank a ralenti les activités du secteur; plus encore, les a appauvris depuis son application dans les sites miniers du Nord-Kivu.

‘’Nous avons eu beaucoup de pertes avec cette loi, qui était tombé ici chez nous comme une foudre, et nous ne nous étions jamais été préparés à cette loi, elle nous a fait reculer. C’est pourquoi, je ne peux pas vous le cacher, si aujourd’hui le président Trump veut annuler cette loi Dodd Frank, ce serait pour nous une grande joie’’, souligne M. Sadok qui est à la tête du regroupement de négociants miniers.

Pour certains observateurs, la loi a crédibilisé le secteur et a contribué tant soit peu à l’amélioration sur situation humanitaire dans le carré et site miniers selon Prince Kihangi, qui soutient le maintien de la loi.

’’Beaucoup de groupes armés vivent de l’exploitation des ressources naturelles. Depuis la loi Dodd-Frank, nous avons noté que beaucoup de groupes armés qui ne savaient plus survivre. On a enregistré plusieurs jeunes qui sont sortis de ces milices pour revenir à la vie civile’’, soutient M. Kihangi.

Un sac plein de coltan, 2015. (VOA/Charly Kasereka)

Un sac plein de coltan, 2015. (VOA/Charly Kasereka)

Selon M. Sadok, la loi Dodd-frank n’a rien apporté. Le chef de négociants miniers est d’avis que la certification des minerais existait avant l’arrivée de cette loi, malgré de petits problèmes qui ont été résolus.

Pour le chef du bureau de la mission des Nations unies au Nord-Kivu, Daniel Ruiz, plusieurs groupes armés ont été affaiblis après la mise en pratique de cette loi associée à la pression militaire.

‘’C’est claire que l’introduction de ce mesures n’a probablement pas été au bénéfice de certaines personnes, même des personnes vulnérables comme certains miniers qui vendaient dans le passé aux groupes armés,
la répression du trafic entre autres par les mesures de transparence et de traçabilité ont contribuées à affaiblir les groupes armés’’, appuie M. Ruiz.

Depuis l’avènement de la loi américaine Dodd frank en 2010, une centaine des sites miniers de coltan, or, et autres minerais, ont été certifiés et officialisés pour l’extraction artisanale des minerais dans l’est de la RDC.

Reportage de Charly Kasereka à Goma pour VOA Afrique

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