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Les migrants stoppés net à la frontière serbo-hongroise, colère de l'Allemagne


Des migrants réclamant l'ouverture de la frontière hongroise près du village de Horgos, 15 septembre 2015.

Des migrants réclamant l'ouverture de la frontière hongroise près du village de Horgos, 15 septembre 2015.

Plusieurs centaines de migrants étaient bloqués mardi à la mi-journée à la frontière serbo-hongroise après sa fermeture par Budapest, illustrant la discorde entre les Européens sur une politique commune d'asile.

"L'Europe s'est une nouvelle fois couverte de honte", a jugé mardi le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, au lendemain de l'échec d'une réunion d'urgence à Bruxelles sur la répartition des réfugiés.

Cette crise migratoire, la plus grave pour l'Europe depuis 1945, a vu plus de 500.000 migrants traverser les frontières extérieures de l'Union européenne entre janvier et août de cette année, contre 280.000 pour l'ensemble de 2014, a annoncé mardi l'agence européenne Frontex, précisant toutefois que certains pouvaient avoir été comptés deux fois.

La crise des migrants a connu mardi un nouveau drame avec la mort d'au moins 22 d'entre eux, dont quatre enfants, dans le naufrage de leur embarcation surchargée entre la Turquie et la Grèce.

La Hongrie, principal pays de transit pour ceux qui veulent gagner l'Allemagne, a mis en place mardi comme prévu une législation restrictive.

Les deux postes officiels d'Asothalom et de Roszke-Horgos ont été fermés, scellant ainsi la frontière pour les migrants après la fermeture lundi du principal point de passage situé à deux kilomètres à l'est, le long d'une voie ferrée.

Mardi matin, environ 300 migrants, parmi lesquels des enfants, attendaient, dans la confusion et parfois dans les larmes, en espérant une réouverture du point de passage officiel entre la Serbie et la Hongrie. Celle-ci ne sera envisagée, selon la police des frontières hongroise, que "si les conditions sont réunies".

"Pourquoi ils font ça?", demandait à une travailleuse humanitaire une femme afghane tenant par la main un garçonnet.

"Je suis arrivé à une heure du matin. Je n'ai vraiment pas eu de chance", disait Bachar, 17 ans, afghan également, résigné en racontant avoir appris que la frontière avait fermé une heure avant.

Certains migrants ont passé la nuit dans des tentes dressées à même l'asphalte. Du côté hongrois, une vingtaine de policiers des forces antiémeutes étaient placés derrière un grillage haut de deux mètres mis en travers des deux voies, d'habitude empruntées par les voitures.

Lundi, un nombre record de 9.380 migrants avaient réussi à franchir la frontière, portant à 200.000 le nombre de migrants entrés en Hongrie depuis le début de l'année, selon la police.

La Hongrie a annoncé mardi avoir engagé une procédure pénale contre 60 migrants accusés d'avoir "endommagé" la clôture barbelée érigée à la frontière avec la Serbie, un délit désormais passible de cinq ans de prison.

Avec AFP

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