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Les médias publics de nouveau en grève au Burkina Faso


Le général Kwame Lougue de l’armée, au centre, dans les studios de la télévision d'Etat après la chute du président Blaise Compaoré à Ouagadougou, Burkina Faso, 2 novembre 2014. (AP /Theo Renaut)

Le général Kwame Lougue de l’armée, au centre, dans les studios de la télévision d'Etat après la chute du président Blaise Compaoré à Ouagadougou, Burkina Faso, 2 novembre 2014. (AP /Theo Renaut)

Le quotidien national d'Etat Sidwaya et la radio-télévision publique burkinabè étaient paralysés mardi par une grève des agents, des journalistes et des techniciens.

En grève depuis lundi, le personnel des medias demandent des augmentations salariales et une autonomie des journalistes quant au traitement de l'information sur les antennes.

Sidwaya, qui avait paru lundi au premier jour de la grève, est absent des kiosques et devrait l'être mercredi. C'est la première fois que ce quotidien, fondé en 1984 sous la révolution du président Thomas Sankara (1983-1987) suspend ses parutions pour fait de grève.

Sur la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), musique et films documentaires ont remplacé les programmes habituels des chaînes nationales et régionales. Aucun journal d'information n'est diffusé. Lundi, un écran noir avait été affiché pour la durée habituelle du journal télévisé de la mi-journée.

En dehors des directeurs, aucun agent n'était présent sur les lieux, les rédactions restant fermées dans tous les médias publics, selon le correspondant de l'AFP.

La grève a été lancée par le Syndicat autonome des travailleurs de l'information et de la culture (SYNATIC) pour exiger des augmentations salariales, des reconstitutions de carrières d'agents et de l'équipement pour les organes de presse.

Les salariés réclament également "l'arrêt des intimidations et des pressions de tout genre sur les journalistes dans le traitement de l'information dans le strict respect des règles d'éthique et de déontologie".

Cette grève dans les organes publics du Burkina survient après deux mouvements (une grève et un sit-in) début septembre. Les syndicats ont claqué la semaine dernière la porte des négociations accusant le gouvernement de "faire du dilatoire" et de ne faire aucune proposition "concrète" sur leurs revendications.

Aucun membre du gouvernement n'a pu être joint par l'AFP pour réagir au sujet de cemouvement qui, pour la première fois, paralyse le service public de l'information.

Les médias publics avaient été la cible des manifestants qui ont chassé fin octobre 2014 le président du Burkina Faso Blaise Compaoré alors au pouvoir depuis 27 ans. Certains journalistes avaient été tabassés ou brutalisés, les studios et le matériel de la télévision avaient été saccagés provoquant l'arrêt des émissions pendant plusieurs jours.

Avec AFP

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