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Les médias burundais privés réduits au silence


La presse burundaise a été visée par toutes les parties au conflit au Burundi

La presse burundaise a été visée par toutes les parties au conflit au Burundi

Les organisations de défense de la presse se sont insurgées contre les attaques visant les média au Burundi.

Au Burundi les radios et télévisions privées ont payé un lourd tribut dans la crise qui secoue ce pays depuis fin avril. La Radio publique africaine (RPA) a été visée à la roquette, puis incendiée. Fermée depuis fin avril, elle avait été ré-ouverte par les putschistes dont elle a diffusé les messages.

Dans la journée du 14 mai, le siège de la Radio Télévision Nationale (RTNB), fidèle au président Pierre Nkurunziza, a fait l’objet de combats entre les forces loyalistes et les putschistes.

La radio Bonesha FM, dans le collimateur des autorités, a été mise à sac. Une autre radio, Isanganiro, a fait l'objet d'une attaque. Selon le président de l’Observatoire de la presse au Burundi, et directeur de la Radio Télévision Renaissance, Innocent Muhozi, une employée de ce média aurait été grièvement blessée lorsque la chaine a été prise d’assaut par des forces de l’ordre fidèles au président.

Les organisations de défense de la liberté de la presse se sont insurgées. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a vivement condamné les attaques à l'arme lourde contre les médias à Bujumbura au cours de combats qui ont opposé les partisans de la tentative de coup d'état contre le président Nkurunziza ,et les forces loyalistes.

« Nous sommes choqués par ces attaques qui font peu de cas de la sécurité et la vie des journalistes et le personnel qui travaillent dans ces établissements transformés en champs de bataille », a déclaré la FIJ dans un communiqué. « Le déni d'accès à l'information n'est pas de nature à favoriser le dialogue et conserver l'unité du pays dans ces moments de crise », a-t-elle poursuivi.

« Une telle guerre de l’information, consistant à s’en prendre avec violence à des radios et chaînes de télévision, est proprement intolérable », a dit de son côté Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). Le Burundi se situe à la 145e place sur 180 pays dans le Classement 2015 de la liberté de la presse établi par RSF.

Selon les média, la présidence burundaise a «condamné» les récentes attaques contre des radios privées du pays, lors de la tentative manquée de coup d'Etat contre le président Nkurunziza.

« Qu'on brûle des médias, au niveau de la présidence, on condamne avec la dernière énergie », a affirmé le conseiller en communication de la présidence Willy Nyamitwe.

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