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Les gays, forcés à rechercher asile à l’étranger


L’homosexualité est toujours illégale et criminalisée dans 38 pays africains. Le Nigeria et l’Ouganda ont récemment adopté des lois qui durcissent la répression des actes homosexuels. Pas étonnant donc qu’un nombre de gays, lesbiennes et transsexuels africains tentent de chercher l’asile politique ici aux États-Unis. Pour la communauté homosexuelle ougandaise, il s’agit même d’une question de vie ou de mort.

« Je peux vous dire que la situation est terrible en Ouganda. Les gens ne savent pas ce qui se passe là-bas », affirme Niki Mawanda, qui a récemment fui son pays. « Je suis inquiet pour ma communauté. Et je crains aussi pour moi car je ne sais pas ce qui pourrait m’arriver si je devais rentrer au pays », ajoute-t-il.

Niki fait partie de quelque 60 Ougandais qui ont fait, depuis le début de l’année, la demande d'asile politique aux États-Unis.

« Dans mon pays, les gens avaient organisé une grande prière à côté de la maison de ma mère pour me demander de quitter le village où, selon eux, j’apportais l'homosexualité. Je ne voulais pas abandonner mon village, mais cette fois-ci, c’était trop ! J’avais tellement peur, j’ai donc décidé de partir » déclare le jeune homme.

Ainsi les gays, lesbiennes et transsexuelles africains, font appel à l’aide des gens comme Jocelyn Dyer, une avocate au sein de l’ONG Human Rights First.

« Nous sommes très préoccupés par ces lois répressives car à cause d’elles la situation va de mal en pis », affirme Mme Dyer.

En effet, l’homosexualité est passible de la peine de mort dans quatre pays africains. En Ouganda, c’est la prison à vie. Selon Steven Taylor professeur de politique africaine à l’American University, ici à Washington, « La prison à vie peut être pire que la peine de mort, compte-tenu des conditions de détention dans certaines prisons ».

Menaces de mort et brutalité policière : c’est ce qui a poussé le transsexuel ougandais Victor Mukasa à quitter son pays pour s’installer aux Etats-Unis il y a moins d’un an.

« Des gens ont essayé de chasser ce qu’ils appellent le mauvais esprit hors de moi. C’est presque similaire à l’Holocauste, un groupe qui persécute et tue un autre » explique M. Mukasa.
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