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Les forces kurdes préparent la bataille de "libération" de Raqa en Syrie


Saleh Muslim, chef du Parti de l'union démocratique, lors d'une conférence à Paris, le 13 novembre 2013.

Saleh Muslim, chef du Parti de l'union démocratique, lors d'une conférence à Paris, le 13 novembre 2013.

Les forces kurdes syriennes se préparent à la bataille de "libération" de la ville syrienne de Raqa, sous l'égide de la coalition internationale, en resserrant l'étau autour de ce bastion du groupe Etat islamique, a affirmé jeudi le chef des Kurdes syriens, Saleh Muslim

Lors d'une rencontre à Paris avec des journalistes, dont l'AFP, M. Muslim a par ailleurs indiqué avoir bon espoir que les Kurdes syriens puissent participer aux prochaines négociations de paix sur la Syrie à Genève, dont ils ont été exclus jusqu'à présent.

"Les Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance dominée par les milices kurdes) se préparent avec la coalition à libérer Raqa", a déclaré M. Muslim, chef du Parti de l'union démocratique.

Mais il a ajouté qu'il était nécessaire que "les habitants arabes de la région de Raqa" se joignent aux forces kurdes - qui comptent selon lui entre 40.000 et 50.000 hommes et femmes - afin de pouvoir libérer la ville.

Le chef du PYD a expliqué que ses forces tentaient actuellement de prendre le contrôle "du couloir de 70 km qui constitue le seul accès des terroristes vers la Turquie", dans le nord-est de la Syrie. Cela permettrait aux Kurdes de faire la jonction entre les trois cantons (Afrine, Kobané et Jaziré) qu'ils contrôlent.

Selon lui, les combattants de l'EI qui se sont retirés de Palmyre, dont le régime syrien a repris le contrôle, "se dirigent vers Aazaz depuis la Turquie". "Ce couloir entre la Turquie et Raqa doit être fermé, avec l'appui aérien de la coalition", a-t-il souligné.

Les forces kurdes et leurs alliés ont déjà pris le contrôle le mois dernier de Chadadi, un bastion de l'EI, coupant la route de ravitaillement des djihadistes vers la ville de Mossoul, leur fief en Irak.

Pas de sécession programmée

Grâce au soutien militaire de la coalition dirigée par Washington, les forces kurdes avaient repoussé il y a un an l'offensive lancée par le groupe EI sur la ville de Kobané, toute proche de la frontière turque, à l'issue de plusieurs mois d'une féroce bataille.

M. Muslim a indiqué que la zone sous contrôle des Kurdes, qui compte selon lui entre quatre et cinq millions d'habitants, allait encore s'élargir, "car les gens veulent se débarrasser de Daech" (acronyme arabe de l'EI).

Les Kurdes de Syrie ont proclamé le 17 mars une région fédérale dans le nord du pays, une initiative immédiatement rejetée par le régime de Bachar al-Assad et l'opposition.

Cette initiative n'est en aucun cas le prélude à une sécession, a assuré M. Muslim.

"Nous faisons partie de la Syrie et ne voulons pas une sécession", a-t-il dit. "Mais la Syrie ne reviendra pas comme avant, le modèle de l'Etat centralisé est fini. Face aux plans de morcellement de la Syrie entre Etats alaouite, sunnite, etc..., notre projet de fédération est le seul moyen de garder le pays unifié, et ce modèle peut être appliqué dans le reste du pays", a-t-il fait valoir.

Il a par ailleurs estimé que les Kurdes syriens allaient "peut-être" participer à la prochaine session de négociations de paix sur la Syrie programmée en avril à Genève, après avoir reçu des assurances en ce sens des grandes puissances.

La Turquie s'oppose à leur participation car elle considère le PYD comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 la rébellion sur le sol turc.

"Si nous ne participons pas aux négociations de Genève, nous ne serons pas tenus d'en reconnaître le résultat", a-t-il averti.

Avec AFP

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