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Les fonctionnaires en grève au Zimbabwe


Le président Robert Mugabe du Zimbabwe, 7 avril 2016.

Le président Robert Mugabe du Zimbabwe, 7 avril 2016.

Les fonctionnaires zimbabwéens ont lancé une grève, réclamant leurs salaires en juin, sur fond de tensions croissantes dans ce pays dirigé depuis 1980 par Robert Mugabe et embourbé dans une grave crise économique.

Des enseignants de nombreuses écoles d'Harare sont rentrés chez eux dès le début de la grève, tandis que des fonctionnaires travaillant pour le gouvernement ne se sont pas présentés dans leurs bureaux, selon des syndicats qui ont appelé à la grève.

"Les enseignants et le reste des fonctionnaires déclarent leur incapacité à aller au travail", a expliqué à l'AFP le président du Syndicat des enseignants du Zimbabwe, Richard Gundani.

"Des ministères ont travaillé sans une partie du personnel qui est resté à la maison", a-t-il ajouté.

Seuls les membres des forces de sécurité ont été payés en juin, tandis que le versement des salaires des autres fonctionnaires ont été reportés, faute de liquidités. Ils ont seulement reçu la semaine dernière une avance sur salaire de 100 dollars.

Ce mouvement social est le dernier d'une série de protestations dans ce pays d'Afrique australe, contrôlé d'une main de fer par Robert Mugabe, 92 ans et le plus vieux chef de l'Etat en exercice dans le monde.

Il pourrait s'amplifier car plusieurs autres syndicats ont appelé à la grève mercredi pour protester contre la crise.

Lundi, la police a dispersé à coups de gaz lacrymogène, de canons à eau et de matraques des chauffeurs de bus qui protestaient contre la corruption policière. Un total de 94 personnes ont été arrêtées lundi, selon la police.

Amnesty International a réagi en dénonçant "l'usage déplorable de la force" contre des manifestants et appelé la police à cesser de recourir à la force "pour faire taire les voix dissidentes".

La semaine dernière, des centaines de personnes avaient protesté au niveau du poste-frontière de Beitbridge (sud), pour dénoncer l'interdiction du gouvernement zimbabwéen d'importer des produits de première nécessité. Au moins 71 personnes avaient été interpellées.

En avril, le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), avait organisé la plus grande manifestation anti-Mugabe depuis des décennies dans la capitale, appelant le chef de l'Etat à démissionner.

Le Zimbabwe, ancien grenier à céréales de l'Afrique australe, traverse depuis le début des années 2000 une profonde crise économique. La situation s'est encore aggravée cette année avec une forte sécheresse.

Avec AFP

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