Liens d'accessibilité

Les Etats-Unis assurent ne pas coopérer avec la Russie sur des frappes en Syrie


Avion russe tirant des missiles contre le groupe Etat Islamique en Syrie

Avion russe tirant des missiles contre le groupe Etat Islamique en Syrie

Les Etats-Unis ont assuré mercredi qu'ils ne coopéraient pas avec Moscou sur les frappes aériennes menées par la Russie en Syrie. Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a qualifiées ces frappes d' "erreur fondamentale".

« J'ai déjà dit que nous pensions que la Russie avait une mauvaise stratégie. Ils continuent à frapper des cibles qui ne sont pas du groupe Etat Islamique (EI). Nous pensons que c'est une erreur fondamentale », a déclaré M. Carter à Rome. « En dépit de ce que disent les Russes, nous n'avons pas accepté de coopérer avec la Russie tant qu'ils poursuivront leur stratégie erronée et frapperont ces cibles », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue italienne, Roberta Pinotti. Le ministère russe de la Défense avait affirmé mercredi matin avoir répondu à une initiative du Pentagone pour coordonner les frappes contre l'EI en Syrie.

« Globalement, ces propositions peuvent être mises en place, » a estimé le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konachenkov, cité par les agences de presse russes, en précisant que des responsables russes et américains discutaient mercredi des détails techniques. « Ce que nous allons faire, c'est continuer les discussions techniques de base sur des procédures professionnelles de sécurité pour nos pilotes survolant la Syrie", a déclaré M. Carter. « C'est tout », a-t-il insisté. Mais « nous allons maintenir la ligne ouverte parce que c'est une question de sécurité pour nos pilotes. »

Les frappes de l'aviation russe en Syrie vont s'intensifier pour permettre de préparer une offensive terrestre de l'armée de Bachar al-Assad contre le groupe Etat islamique (EI), a annoncé mercredi Moscou, après une semaine de bombardements où elle a visé 112 cibles jihadistes.

« Nous savons à quel point les opérations de ce genre -- antiterroristes -- sont compliquées. Et bien sûr, il est encore tôt pour tirer des conclusions, mais ce qui a été fait jusque-là mérite une très bonne appréciation », a déclaré le président Vladimir Poutine lors d'une rencontre avec le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, retransmise à la télévision. « Depuis le 30 septembre jusqu'à ce jour, les frappes ont touché 112 cibles. L'intensité des frappes augmente », s'est félicité M. Choïgou.

Le président russe a également évoqué une possible offensive terrestre de l'armée syrienne contre l'EI, affirmant que les prochaines opérations militaires russes dans le pays seront « synchronisées » avec celles des forces gouvernementales. Le ministre de la Défense a en outre souligné que quatre croiseurs russes de la flottille de la Caspienne avaient tiré mercredi 26 missiles de croisière sur 11 cibles de l'EI et du Front al-Nusra, franchise locale d'Al-Qaïda en Syrie, les détruisant toutes. M. Choïgou n'a pas précisé d'où avaient tiré les navires, mais une infographie publiée sur le site du ministère de la Défense montre les missiles tirés depuis la mer Caspienne, à près de 1.500 km de leur destination, survolant l'Iran et l'Irak avant de frapper en Syrie, évitant ainsi l'espace aérien de la Turquie et de l'Azerbaïdjan.

Selon le ministère, les missiles russes ont atteint leurs cibles -- des ateliers de fabrication d'explosifs, des postes de commandement, entrepôts de munitions et camps d'entraînement -- avec une précision de moins de 3 mètres

Par ailleurs, M. Poutine a affirmé que son homologue français François Hollande lui avait proposé d' »unifier les efforts » des forces de Bachar al-Assad et de l'Armée syrienne libre. Selon lui, M. Hollande a fait cette proposition à Paris vendredi lors du sommet consacré à l'Ukraine avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochenko. « Il est vrai que nous ne savons pas pour le moment où (cette Armée syrienne libre) se trouve et qui la dirige », a nuancé M. Poutine, tout en jugeant cette idée « intéressante. » L'entourage du président français a toutefois démenti que François Hollande ait évoqué une telle alliance. Il aurait simplement rappelé à son homologue russe la « nécessaire présence de l'opposition syrienne » aux négociations de paix.

La Russie a évoqué plus tôt mercredi la possibilité de mettre en place une coordination de ses frappes en Syrie avec celles de la coalition internationale menée par les États-Unis, alors que les tensions sont fortes entre Moscou et Ankara, qui accuse l'aviation russe de violer son espace aérien. La Russie, fidèle allié du régime de Damas, mène des frappes en Syrie pour venir en aide au régime. Elle affirme que ses avions ne visent que l'EI et les « terroristes », mais Ankara et ses alliés occidentaux accusent Moscou de concentrer ses attaques sur les forces syriennes modérées.

Les États-Unis sont quant à eux à la tête d'une coalition d'une soixantaine de pays, qui procède depuis plus d'un an à des frappes quotidiennes contre l'EI en Syrie et en Irak voisin, sans parvenir à venir à bout du groupe jihadiste.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG