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Les élections législatives syriennes sous le feu des critiques


Le président Bashar al-Assad lors d'une interview au quotidien espagnol El Pais à Damas, le 20 février 2016.

Le président Bashar al-Assad lors d'une interview au quotidien espagnol El Pais à Damas, le 20 février 2016.

Lors de ces élections législatives syriennes, 3.500 candidats âgés de plus de 25 ans briguent les 250 sièges de député.

Certains votent par devoir civique ou pour soutenir Bachar al-Assad tandis que d'autres rejettent un scrutin "illégitime": les Syriens étaient appelés mercredi aux urnes pour des législatives organisées par le régime mais vilipendées par l'opposition.

Dans un pays où le pouvoir est concentré aux mains du président Assad, l'issue de ce scrutin aura peu d'impact sur le cours de la guerre qui a fait en cinq ans 270.000 morts et causé plus 200 milliards de dollars de destructions.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (04H00 GMT) dans les régions sous contrôle gouvernemental, soit un tiers du territoire où vit environ 60% de la population. Ils devraient fermer à 19H00 mais pourraient rester ouverts quelques heures de plus, selon la commission électorale.

"Nous avons rempli notre devoir national et maintenant c'est aux élus de tenir leurs promesses", explique Samer Issa, un chauffeur de 58 ans, après avoir déposé son bulletin dans le bureau de vote du gouvernorat de Damas.

Pour ce second scrutin depuis le début de la guerre en 2011, 3.500 candidats âgés de plus de 25 ans briguent les 250 sièges de député.

Sans surprise, les résultats, attendus dans les prochains jours, devraient être semblables à ceux des législatives de mai 2012, selon les experts. Le parti Baas, qui dirige le pays d'une main de fer depuis plus d'un demi-siècle, avait alors obtenu la majorité des sièges même si plusieurs autres formations avaient été autorisées à y participer.

Le président Assad a voté en compagnie de son épouse dans un bureau installé à la Bibliothèque nationale.

"Nous assistons depuis cinq ans à une guerre mais le terrorisme a échoué à réaliser son objectif principal, à savoir détruire la structure sociale de la Syrie et son identité nationale, qui s'expriment à travers la Constitution", a-t-il ensuite déclaré. "C'est pour la défendre que nous sommes tous ensemble aujourd'hui", a-t-il ajouté, répondant ainsi à ses opposants ayant qualifié ce scrutin "d'illégitime".

La guerre a été au coeur de la campagne. "Nous sommes pour la sécurité", "Pour nos enfants qui sont morts, continuons", proclament des affiches, tandis qu'un aspirant député se présente comme la voix des "martyrs de notre armée héroïque".

Malgré ces appels, Mayssoun, serveuse de 45 ans, a décidé de ne pas voter car "la plupart des candidats sont des richards, vivant à l'étranger et qui nous servent des balivernes".

Une possible dégradation de la situation

Cette élection se tient après plusieurs semaines de calme relatif lié au cessez-le-feu conclu sous les auspices des Américains et des Russes. Mais la guerre menace d'éclater entre les forces du régime, les rebelles modérés et islamistes ainsi que les deux frères ennemis du jihadisme, le groupe Etat islamique (EI) et le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda.

Cette dégradation de la situation pourrait peser sur la nouvelle session de négociations indirectes entre le régime et l'opposition qui doit s'ouvrir mercredi sous la houlette de l'ONU à Genève.

A Palmyre, d'où l'armée a chassé les jihadistes de l'EI le 27 mars, huit bureaux de vote ont été installés, dont un à l'entrée du musée archéologique dévasté. Des habitants sont revenus pour l'occasion et pour visiter leur maison. "Je n'ai pas eu peur de venir aujourd'hui pour voter", a affirmé l'un d'entre eux à un photographe de l'AFP.

"Je ne crois pas à ces élections"

A Alep, la deuxième ville du pays, le scrutin se tient seulement dans les quartiers contrôlés par le régime. Dans la partie rebelle, les habitants affichent leur hostilité.

"Il s'agit d'une farce. Je ne crois pas à ces élections. Il (Assad) veut juste montrer qu'il possède un Etat, un peuple et un régime solide", renchérit Mohamed Zobeidiyyé, un mécanicien.

Le scrutin est également dénoncé par les opposants de l'extérieur et de l'intérieur, ainsi que par les pays occidentaux. L'ONU plaide de son côté pour la tenue d'élections générales courant 2017.

Cependant, pour le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov, "ces élections assurent le fonctionnement des institutions étatiques, mis en place par la Constitution actuelle de ce pays". "Elles ont pour rôle de ne pas laisser vide la sphère" du pouvoir syrien, a-t-il dit mercredi à Moscou.

Selon la commission électorale, l'élection se déroule partout sauf dans les provinces de Raqa et Idleb aux mains de l'EI et d'Al-Nosra et les zones tenues par les rebelles. Les électeurs originaires de ces régions peuvent toutefois voter dans les secteurs tenus par l'armée.

Quant aux Kurdes, ils ont affirmé ne pas se sentir "concernés" par ces législatives dans les zones qu'ils contrôlent dans le nord-est.

Avec AFP

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