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Joachim Chissano: "Le Sahara occidental peut apparaitre comme un petit problème mais une étincelle peut mettre le feu à la forêt"


Joaquim Chissano , ancien president du Mozambique

Joaquim Chissano , ancien president du Mozambique

L'envoyé spécial de l'Union africaine pour le Sahara occidental Joaquim Chissano a pressé mardi l'ONU de résoudre ce conflit et a critiqué les mesures prises par Rabat envers la mission de l'ONU (Minurso).

Joaquim Chissano s'exprimait lors d'une réunion informelle du Conseil de sécurité convoquée par l'Angola et le Venezuela, alors que le Conseil doit renouveler avant fin avril le mandat de la Minurso.

Irrité par des propos du secrétaire général Ban Ki-moon sur "l'occupation" du territoire par le Maroc, Rabat a expulsé 84 membres civils de la mission, empêchant ainsi selon les Nations unies de remplir leur mandat.

M. Chissano a "déploré" les expulsions décidées par Rabat, estimant qu'elles "constituent un très dangereux précédent" pour d'autres missions de paix de l'ONU.

"Le Sahara occidental peut apparaitre comme un petit problème mais n'oublions pas qu'une étincelle peut mettre le feu à la forêt", a encore fait valoir l'ancien président mozambicain, se disant "consterné" par cette querelle.

M. Chissano a déploré "qu'aucun progrès n'ait été accompli" sur l'organisation d'un référendum d'autodétermination du territoire, une des tâches assignées à la Minurso. "Il faut donner au peuple du Sahara occidental l'occasion de choisir librement son destin", a-t-il affirmé.

Le Maroc propose depuis 2007 un plan d'autonomie pour le Sahara occidental, qu'il considère comme partie intégrante du royaume, tandis que les indépendantistes du Polisario, soutenus par l'Algérie, réclament un référendum d'autodétermination.

Pour l'ancien président du Mozambique, le Conseil de sécurité devrait inclure la protection des droits de l'homme dans le mandat de la Minurso, fixer une date pour tenir le référendum et dénoncer "l'exploitation illégale des ressources naturelles" du territoire par le Maroc.

M. Chissano a plaidé pour un "rôle dirigeant" de l'Union africaine pour résoudre le conflit, alors que Rabat la juge partiale.

Le Maroc a quitté en novembre 1984 l'Organisation de l'unité africaine, l'ancêtre de l'Union africaine, pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Polisario.

Le Conseil reste divisé sur la manière de résoudre la querelle entre l'ONU et Rabat et de sauvegarder ainsi la Minurso. Selon des diplomates, le Maroc a reçu le soutien de la France, du Sénégal, de l'Espagne et de l'Egypte. Il revient aux Etats-Unis de proposer comme chaque année une résolution pour renouveler le mandat.

Avec AFP

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