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Les commerçants tunisiens exhortent à agir face au "fléau" des vendeurs ambulants


Un commerçant tunisien à Sousse, en Tunisie, 30 juin 2015.

Un commerçant tunisien à Sousse, en Tunisie, 30 juin 2015.

Les commerçants du Grand Tunis ont exhorté lundi le gouvernement à agir contre le "fléau" des vendeurs ambulants qui nuit gravement, selon eux, à leur profession, tout en annonçant suspendre un appel à la grève générale.

La grogne des commerçants de la capitale contre les "étalages anarchiques" mais aussi contre la fermeture --pour des raisons de sécurité-- de plusieurs artères du centre-ville, va crescendo. Après un premier mouvement social le 24 mai, un appel à la grève générale pour ce mardi avait été lancé auprès de tous les secteurs relevant de l'Union tunisienne de l'Industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica, patronat).

Cet appel a été "suspendu" lundi à l'issue d'une réunion au siège de l'Utica, dans l'espoir de l'ouverture d'un dialogue avec le gouvernement. Selon un communiqué de l'organisation, les participants ont ainsi appelé, entre autres, "à la formation d'un comité conjoint de haut niveau avec le gouvernement afin de chercher des solutions sérieuses et réalistes au fléau du commerce parallèle".

Le texte insiste à nouveau sur les "dégâts énormes" pour la profession, et rappelle en outre la fermeture persistante de plusieurs artères du centre-ville, qui nuit également au commerce, en particulier à l'approche du mois de ramadan.

"Depuis la révolution (de 2011), le nombre de vendeurs ambulants n'a cessé d'augmenter", a récemment affirmé au quotidien La Presse, sous couvert d'anonymat, un commerçant du marché central de Tunis. "Il faut leur trouver un espace et ne pas les laisser ici. Ils représentent une véritable catastrophe", a renchéri Meddeb, un vendeur de fruits.

Une première réunion avec les autorités au siège du gouvernorat de Tunis n'a pas abouti, a affirmé le journal, selon qui les manifestants ont été invités à "patienter" jusqu'aux municipales de mars 2017.

Dans l'attente de ces premières élections locales depuis la révolution, des "délégations spéciales" sont chargées de gérer les affaires courantes des municipalités tunisiennes.

Si elle a réussi sa transition démocratique, la Tunisie a vu sa situation économique se dégrader. Le pays a connu en janvier sa pire contestation sociale depuis 2011 après le décès d'un jeune homme durant une manifestation pour l'emploi à Kasserine, dans le centre défavorisé du pays.

Avec AFP

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