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Les clubs de foot anglais craignent des transferts onéreux post-Brexit


Un supporter du "Non" le 19 septembre 2014 à Glasgow, Écosse, le 25 juin 2016. EPA/ROBERT PERRY

Un supporter du "Non" le 19 septembre 2014 à Glasgow, Écosse, le 25 juin 2016. EPA/ROBERT PERRY

Parmi tous ceux qui s'inquiètent des conséquences du "Brexit", les clubs anglais figurent en bonne place, anxieux de devoir désormais débourser beaucoup plus pour s'assurer les services de joueurs venus du continent.

Le résultat surprise du référendum du 23 juin, qui a donné la victoire aux partisans d'un divorce avec le Royaume-Uni, a fait chuter la devise britannique, la livre sterling, de jusqu'à 9% en quelques heures par rapport à l'euro.

"Si la livre continue à chuter, les talents étrangers vont devenir plus chers, et cela pourrait avoir un effet dramatique sur les transferts d'été", a insisté dans les colonnes du Times Simon Chadwick, professeur en économie du sports à l'université de Salford.

Ce n'est pas tant pour des clubs richissimes comme Manchester City ou son rival Manchester United que la question se poserait. Mais les autres clubs de Premier League moins argentés pourraient eux cruellement souffrir des fluctuations de changes.

Le vote britannique "va avoir beaucoup d'implications pour la Premier League, et pour le foot en général", a prédit sur le site du club de West Ham David Sullivan, son principal actionnaire.

"Dès à présent, nous devons payer des traites à des clubs à qui nous avons racheté des joueurs, et nous allons le sentir passer si la livre continue de chuter", a-t-il poursuivi. Seule -et maigre- consolation: "Tous les clubs sont dans le même bateau."

"Tout va dépendre de la devise dans laquelle le prix de transfert est libellé, en euros ou en livres", a précisé Daniel Geey, du cabinet d'avocats Sheridan, spécialisé dans le sport, cité par le Daily Mail.

Règles de recrutement

Au-delà de leur prix d'achat, les joueurs venus du continent pourraient aussi être tentés de demander à être payés plus, pour compenser la perte de pouvoir d'achat d'une livre dévaluée.

Le Brexit, avec comme probable corollaire une sortie du marché unique et de son principe de libre circulation, signifierait aussi d'autres règles de recrutement pour les joueurs européens: ils seraient soumis aux mêmes contraintes que ceux qui ne viennent pas de l'UE, à savoir un nombre minimum de matches à avoir disputés avec leur équipe nationale dans les deux années précédant leur signature.

Si cette règle concernait aussi les ressortissants des 27 autres pays de l'UE, 400 footballeurs, sur les quelque 1.800 que comptent les deux premières ligues anglaises et écossaises, ne seraient plus éligibles, selon les estimations qui circulent dans la presse britannique.

Ce serait le cas par exemple, si on appliquait déjà ces règles, de l'international français Dimitri Payet, de West Ham, et de son compatriote et milieu de terrain N'Golo Kanté, joueur clé du titre inespéré décroché par Leicester la saison dernière.

Mais certains voient dans ces limitations une chance pour les jeunes talents britanniques, qui, du fait des places devenues vacantes, pourraient faire leurs preuves dans des clubs plus prestigieux, plutôt que de se faire les dents dans des équipes de deuxième rang.

De manière générale, "nous pouvons nous attendre à ce que la Premier League fasse tout ce qu'elle peut pour inciter le gouvernement à s'assurer que la capacité à recruter des talents européens n'est pas entamée", c'est-à-dire à exercer un intense lobbying pour que les règles de permis de travail reflètent leurs intérêts, prédit Dan Lowen, de chez Couchmans, un cabinet d'avocats spécialisés dans le sport-business.

Avec AFP

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