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Les chrétiens orthodoxes et catholiques, séparés par un schisme millénaire


Le pape François ouvre la "porte sainte" dans la cathédrale de Bangui, le 29 novembre 2015. (REUTERS/Stefano Rellandini)

Le pape François ouvre la "porte sainte" dans la cathédrale de Bangui, le 29 novembre 2015. (REUTERS/Stefano Rellandini)

La séparation entre les chrétiens d'Orient et d'Occident, devenus orthodoxes et catholiques, repose sur des questions théologiques complexes mais aussi sur des dissensions politiques profondes.

Dès les premiers siècles de la chrétienté, les différences se font sentir entre les Eglises d'Orient et d'Occident: les uns observent le rite grec-byzantin, les autres le rite latin, et chacun revendique la vraie doctrine, en particulier sur la nature de la Trinité (Père, Fils et Esprit-Saint).

Surtout, l'Orient, terre des Pères de l'Eglise, renâcle lorsque le pape, évêque de Rome, se présente comme le successeur de Pierre, le disciple à qui Jésus a confié la mission de fonder et diriger son Eglise.

En 451, le concile de Chalcédoine instaure la primauté de Rome, mais Constantinople l'interprète comme une primauté d'honneur ne donnant pas autorité au pape sur ses propres fidèles.

Et à mesure que l'autorité du pape apparaît comme une menace de l'Occident carolingien face à la fois au patriarche et à l'empereur de Constantinople, la rupture devient inévitable.

En 1054, le légat du pape à Constantinople dépose à la cathédrale Sainte-Sophie une bulle excommuniant le patriarche, scellant le schisme entre les deux Eglises.

Mais ce sont surtout les croisades, redoutées par la plupart des chrétiens d'Orient, qui concrétisent la séparation, surtout lorsque les croisés instaurent des patriarcats latins parallèles aux patriarcats grecs.

En 1964, la rencontre à Jérusalem entre le pape Paul VI et Athénagoras, patriarche de Constantinople, amorce une réconciliation: les excommunications mutuelles sont levées.

Les rencontres ont ensuite été fréquentes entre leurs successeurs -- François a rencontré Bartholomée en 2014 à Jérusalem et en 2015 à Istanbul -- et les gestes de bonne volonté se sont multipliés.

Jean Paul II a ainsi solennellement rendu en 2004 aux orthodoxes des reliques des saints Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome, enlevées en 1204 lors d'une croisade détournée vers Constantinople.

En 1979, une "commission mixte pour le dialogue théologique" a été créée dans le but d'un rapprochement entre deux traditions chrétiennes qui, au-delà de la liturgie, sont restées finalement assez proches.

Mais au cours des siècles, c'est le patriarcat de Moscou, avec au moins 130 millions de fidèles contre moins de 3,5 millions pour celui de Constantinople, qui a pris l'ascendant sur le monde orthodoxe, composé de 14 Eglises autocéphales.

Or les relations entre Moscou et le Saint-Siège sont longtemps restées glaciales, les Russes accusant le Vatican de favoriser le prosélytisme catholique en terre orthodoxe.

Avec AFP

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