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Les cendres de Fidel Castro entament leur dernier voyage à travers Cuba


Des cubains agitent des drapeaux leur d'un hommage à Fidel Castro, sur la place de la Révolution à La Havane, Cuba, le 29 novembre 2016.
Des cubains agitent des drapeaux leur d'un hommage à Fidel Castro, sur la place de la Révolution à La Havane, Cuba, le 29 novembre 2016.

L'urne contenant les cendres de Fidel Castro a définitivement quitté mercredi matin La Havane pour un voyage de quatre jours à travers l'île jusqu'au berceau de la révolution, Santiago de Cuba, où elles seront enterrées dimanche.

Après deux jours d'hommages sur la place de la Révolution, les cendres contenues dans un coffre de cèdre, enveloppé d'un drapeau cubain et protégé sous une boîte de verre, ont entamé sur une remorque militaire le trajet effectué dans le sens inverse par Fidel Castro au moment de la victoire de sa guérilla en 1959.

Le convoi s'est ébranlé à 07H16 (12H16 GMT) depuis le ministère des Forces armées en présence de membres du gouvernement, de dignitaires du parti communiste et de la veuve de Fidel Castro, Dalia Soto del Valle.

Des centaines de milliers de Cubains massés le long de cordons de sécurité ont agité des drapeaux en lançant des "vivas!" au passage de la "Caravane de la liberté", un convoi composé de sept véhicules.

Au terme de quatre jours de voyage et près 1.000 km, les restes de Fidel Castro seront enterrés dimanche au cimetière de Santa Ifigenia de Santiago, à côté du mausolée de José Marti, héros de l'indépendance de Cuba.

Ces funérailles scelleront la fin du deuil national décrété pour neuf jours après son décès annoncé vendredi soir par son frère et successeur Raul Castro.

Du 2 au 8 janvier 1959, à bord de sa "Caravane de la liberté", Fidel Castro avait traversé le pays en triomphateur, dans la foulée de la fuite à l'étranger du dictateur Fulgencio Batista, acculé à La Havane par les troupes castristes, alors que le père de la révolution prenait simultanément le contrôle de Santiago de Cuba.

Le jeune "barbudo" avait alors prêché son projet révolutionnaire dans les principales régions du pays, dont Holguin (sud-est), où il est né, et les villes de Camagüey, Las Tunas, Sancti Spiritus, Santa Clara ou Matanzas, qui jalonnent le pays d'est en ouest.

Le premier temps fort de cette procession devrait être l'étape de Santa Clara, où reposent dans un mausolée les cendres de son compagnon de lutte, le guérilléro argentin Ernesto "Che" Guevara, décédé en 1967.

'Cher Fidel'

Critiqué par l'ONU et par ses opposants pour des violations des droits de l'homme, Fidel Castro reste toutefois vénéré par beaucoup de Cubains, qui ont subi un véritable choc à l'annonce de son décès, à 90 ans.

En vertu du deuil national décrété de vendredi à dimanche prochain, les rassemblements et les spectacles ont été annulés, les matches de baseball suspendus, les discothèques fermées et la vente d'alcool interdite.

Les médias nationaux consacraient exclusivement leurs programmes à ce deuil, et diffusaient en boucle l'hymne "Chevauchant avec Fidel", une "trova" aux accents romantiques composée par le chanteur populaire cubain Raul Torres.

Mardi soir, des centaines de milliers de Havanais avaient rendu un dernier hommage à Fidel Castro, aux côtés de dirigeants de la gauche latino-américaine et d'Afrique qui ont exhorté à perpétuer le legs du "Comandante".

"Il ne part pas, il reste là, invaincu parmi nous, absous, totalement absous par l'Histoire", s'est notamment exclamé le président vénézuélien Nicolas Maduro, proche allié de Cuba, en référence au fameux "l'Histoire m'absoudra" lancé par Fidel Castro à son procès après l'assaut de la caserne de la Moncada qui forgea le début de sa légende en 1953.

Puis Raul Castro s'est adressé à son frère : "Cher Fidel (...) ici, où nous commémorons nos victoires, nous te disons aux côtés de notre peuple dévoué, combatif et héroïque : Jusqu'à la victoire, toujours!" ("Hasta la victoria, siempre!"), reprenant l'antienne des révolutionnaires cubains.

Cette soirée d'hommages à la tonalité très politique a été largement boudée par les chefs d'Etat occidentaux, dont le président américain Barack Obama, pourtant artisan d'un rapprochement historique depuis fin 2014 entre les deux ex-ennemis de la Guerre froide.

De même, les présidents de pays amis, le Russe Vladimir Poutine, le Chinois Xi Jinping et l'Iranien Hassan Rohani, ont préféré se faire représenter par des émissaires.

Avec AFP

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