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Les avocats exigent la libération d’un journaliste camerounais accusé complicité avec Boko Haram


Tribunal d’Ambam, au Cameroun, 15 mars 2012. (AFP / Reinnier Kaze)

Tribunal d’Ambam, au Cameroun, 15 mars 2012. (AFP / Reinnier Kaze)

La défense a demandé mercredi au tribunal militaire de Yaoundé de libérer Ahmed Abba, journaliste camerounais jugé pour complicité présumée avec le groupe jihadiste Boko Haram.

Le procès contre M. Abba a repris mercredi. Une responsable de Radio France Internationale (RFI) pour laquelle le journaliste travaillait, a appuyé la demande des avocats lors de l’audience.

"Nous vous demandons d'acquitter purement et simplement M. Ahmed Abba", a lancé Clément Nakong, l'un des avocats du journaliste, devant le tribunal militaire de Yaoundé. Les juges ont renvoyé le procès au 19 octobre pour se prononcer sur cette demande.

Présente pour la première fois au procès, une directrice de RFI, radio très écoutée et très influente en Afrique, Cécile Mégie, a appuyé cette demande devant des journalistes: "Il nous a semblé que, plus d'un an après, la direction de RFI que j'incarne était un poids, un soutien supplémentaire pour Ahmed Abba. Nous sommes convaincus de l'innocence d'Ahmed Abba. L'audience d'aujourd'hui nous a montré qu'encore une fois, aucune preuve de sa culpabilité n'est apportée".

Arrêté le 30 juillet 2015, M. Abba, correspondant en langue haoussa de RFI, est poursuivi pour "complicité d'actes de terrorisme" en lien avec les jihadistes nigérians de Boko Haram et "non-dénonciation des actes de terrorisme".

M. Abba, qui a toujours clamé son innocence, risque la peine de mort, peine prévue par une loi controversée de lutte contre le terrorisme en vigueur depuis fin 2014.

"Professionnellement, Ahmed Abba est irréprochable", a souligné Mme Mégie. "La production qu'Ahmed Abba a diffusée sur les antennes de RFI (en langue haoussa) a été entièrement traduite. Dans l'ensemble de sa production, il n'y a pas une virgule qui montre la moindre empathie pour des actes de terrorisme".

"Nous comprenons l'impérieuse nécessité que peuvent avoir les autorités camerounaises à lutter contre le terrorisme. Je comprends que des moyens exceptionnels puissent être mis en place pour lutter contre le terrorisme", a-t-elle admis.

Toutefois, elle rappelle que l'accès du journaliste aux sources d'information "doit être garanti et protégé et ne pas être passible de peine de mort".

Trois autres journalistes camerounais comparaîtront vendredi devant le tribunal militaire de Yaoundé pour des faits allégués de non-dénonciation d'actes portant atteinte à la sûreté de l'Etat.

Avec AFP

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