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Les 15 jours donnés aux insurgés de Mugamba pour se rendre sont écoulés au Burundi


Le président du burundi Pierre Nkurunziza à Ngozi pendant les élections, le 21 juillet 2015.

Le président du burundi Pierre Nkurunziza à Ngozi pendant les élections, le 21 juillet 2015.

Le président burundais Pierre Nkurunziza a donné 15 jours aux insurgés de la commune de Mugamba (sud), considérée par le pouvoir comme le dernier foyer de rébellion du pays, pour "se rendre", en les menaçant d'une répression semblable à celle pratiquée dans la province de Bujumbura rural (ouest) en 2010.

La période de 15 jours imposée par le président burundais Pierre Nkurunziza s’est écoulée mercredi.

Les jeunes de la commune de Mugamba dans la province de Bururi au sud du Burundi continuent de fuir par peur des policiers, qui viennent en grand nombre.

Ces jeunes fuient leurs maisons et se dirigent vers d’autres localités. Mais la police rassure et appelle la population à travailler sereinement.

Le point avec Christophe Nkurunziza, sur place au Burundi pour VOA Afrique.

Selon les témoignages des localités de la commune de Mugamba, en l’occurrence Vyuya, Kibezi Nyagasasa et Muramba, les jeunes de ces localités ont fui par peur d’arrestations.

Ces jeunes craignent des actions musclées des forces de sécurité et des exécutions comme ce fut le cas le 11 décembre 2015 dans les quartiers contestataires de Bujumbura où plus de soixante dix personnes avaient été tuées après l’attaque de deux camps militaires par des hommes armés.

Les mêmes témoignages indiquent que même si la situation paraît être calme, la présence de nombreux militaires et policiers n’est pas du tout rassurante.

Le porte-parole de la police a fait une conférence de presse mercredi, à l’expiration de l’ultimatum de quinze jours, tranquillisant la population.

Pierre Nkurikiye a affirmé que quatre criminels se sont rendus à l’administration et aux forces de l’ordre, 26 criminels appréhendés, ainsi que six fusils du type khalchnikov et une grenade saisis.

Selon le porte-parole de la police, ce sont les organisateurs des crimes qui propagent des rumeurs incendiaires incitant la population à fuir invoquant l’apocalypse après le délai de grâce de quinze jours.

Pierre Nkurikiye appelle la population à vaquer tranquillement à ses activités car seuls les criminels identifiés, les coauteurs et les complices sont visés par les actions des forces de sécurité.

Ces derniers temps, un calme relatif est à signaler dans beaucoup de localités du pays contrairement à cette région de Mugamba, au sud Burundi, qui est le théâtre d’affrontements entre des gens armés et les forces de l’ordre.

Après l'élection présidentielle de 2010, dont le résultat avait été contesté par l'opposition, le pouvoir burundais avait écrasé dans le sang, en quelques mois, une rébellion naissante basée dans la province de Bujumbura rural, autour de Bujumbura, la capitale burundaise.

Le président Nkurunziza avait auparavant lancé un ultimatum similaire à celui de Mugamba. L'ONU et les organisations des droits de l'Homme avaient dénoncé la brutalité des forces de l'ordre et des violations massives des droits humains.

Le Burundi a plongé dans une grave crise émaillée de violences lorsque le président Nkurunziza, réélu en juillet, a annoncé sa candidature en avril 2015 pour un troisième mandat. Les violences ont déjà fait plus de 500 morts et poussé plus de 270.000 personnes à quitter le pays.

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