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L'Ebola ferait négliger le paludisme en Guinée


L'épidémie d'Ebola a conduit à une explosion des cas de paludisme non traités qui pourrait avoir provoqué un nombre de décès bien supérieur à ceux dus au virus Ebola.

En détournant l’attention, l'épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola qui frappe l'Afrique de l'Ouest depuis plus de 18 mois a caché l'explosion du nombre de cas de paludisme dans la région, notamment en Guinée, révèle une nouvelle étude.

Les chercheurs montrent que l'épidémie d'Ebola a conduit à une explosion des cas de paludisme non traités qui pourrait avoir provoqué un nombre de décès bien supérieur à ceux dus au virus Ebola.

Leur étude, publiée cette semaine dans la revue The Lancet, établit quedepuis le début de l'épidémie en décembre 2013, le virus a Ebola a provoqué le décès de plus de 11.000 personnes, dont 2.400 en Guinée. Un chiffre qui, dans ce pays, pourrait bien être inférieur au nombre de morts dus au paludisme, même si les chercheurs ne sauraient avancer de chiffre précis.

Ce qu’on sait néanmoins c’est que durant l'année 2014, les établissements guinéens ont accueilli 74.000 cas de paludisme en moins par rapport aux années précédentes

Pour le Dr Mateusz Plucinski, des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d'Atlanta qui a coordonné l'étude, les décès dus au paludisme étaient « vraisemblablement beaucoup plus importants que ceux provoqués par le virus Ebola ».

Les chercheurs pensent que les malades souffrant du paludisme ont évité les centres de soins de santé par crainte de contracter le virus à Ebola. Par ailleurs, l'épidémie a touché de plein fouet le personnel soignant, conduisant à la fermeture de nombre de centres.

Toujours selon le Dr Plucinski, le même phénomène a probablement aussi eu lieu en Sierra Leone et au Liberia.

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