Liens d'accessibilité

Le Zimbabwe prévoit de dédommager les fermiers blancs expulsés


Le ministre zimbabwéen des Finances Patrick Chinamasa

Le ministre zimbabwéen des Finances Patrick Chinamasa

Le Zimbabwe prévoit de dédommager les fermiers blancs dont les terres ont été redistribuées à la majorité noire lors de la réforme agraire débutée en 2000 et a commencé à évaluer la valeur des propriétés concernées, a indiqué vendredi le ministre des Finances Patrick Chinamasa.

Cette compensation "est inscrite dans notre Constitution et de ce que je sais, c'est une obligation constitutionnelle", a indiqué le ministre, interrogé par l'AFP.

Selon M. Chinamasa, qui refuse de donner des détails sur le mécanisme de financement qui sera utilisé, le gouvernement a démarré l'évaluation de la valeur des fermes pour déterminer le montant des indemnisations.

La réforme agraire controversée et parfois violente est considérée par beaucoup d'observateurs comme une des principales causes de la crise économique qui frappe le pays.

Plusieurs milliers de fermiers blancs avaient été expropriés de leurs terres et luttent depuis des années pour obtenir un dédommagement.

Cette proposition du gouvernement intervient au moment où le FMI demande au Zimbabwe d'agir rapidement pour sauver son économie.

En fait, selon la constitution zimbabwéenne, c'est l'ancienne puissance coloniale, le Royaume-Uni, qui devrait payer les compensations pour les terres saisies par le gouvernement.

"Je veux régler tous les problèmes et les disputes autour de la résolution de la question des terres", a néanmoins expliqué M. Chinamasa.

Le ministre n'a pas précisé quand les fermiers seraient dédommagés, mais a précisé que les compensations seraient différentes selon les fermes.

"Sur les 6.000 fermes qui ont été saisies par le gouvernement, seules 1.500 ont été évaluées", pour le moment, a indiqué le ministre.

"Une fois les chiffres obtenus nous pourrons étudier les modalités des compensations", a-t-il ajouté, précisant que "tout article de presse donnant des chiffres aujourd'hui n'a aucun sens".

La réforme agraire a été conduite au Zimbabwe pour contre-balancer les injustices du passé colonial, où les Blancs s'étaient octroyés les meilleures terres, au détriment de la majorité noire.

Mais pour beaucoup d'observateurs critiques de cette réforme, la redistribution dans les années 2000 a surtout profité aux élites proches du pouvoir. Les fermiers noirs ordinaires qui ont reçu des terres manquaient quant à eux de moyens pour pouvoir les faire fructifier.

Cette réforme a ainsi plongé le pays, ancien grenier à blé de l'Afrique australe, dans une pénurie durable de nourriture.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG