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Le travail des missionnaires chrétiens, plus dangereux que jamais


Parmi les missionnaires les plus réputés, la défunte Mère Térésa

Parmi les missionnaires les plus réputés, la défunte Mère Térésa

Pendant des siècles, les missionnaires ont bravé d’innombrables dangers, mais les risques courus aujourd’hui sont très différents, de même que le contexte dans lequel ils opèrent.

Selon l’agence de presse Fides, basée à Rome, 22 missionnaires - prêtres, nonnes et laïcs - ont été tués en 2013, près de deux fois plus qu'en 2012. La plupart des décès sont survenus en Amérique latine, au cours de vols et autres délits mineurs qui se transforment en assassinat.

D'autres missionnaires ont été enlevés dans des zones de conflit telles que la Syrie et la République démocratique du Congo (RDC), et leur sort reste incertain.

Selon le père Georges Colomb, supérieur général des Missions Etrangères de Paris (MEP), jusqu’au 20ème siècle, un missionnaire mourrait avant l’âge de 40 ans.

Difficile aujourd’hui d’obtenir un visa de missionnaire, ajoute-t-il, donc nombre de prêtres se déplacent sur des visas de touristes, étudiants, ou enseignants. « Dans certains pays, on ne peut aller que pour des périodes courtes – trois semaines, un mois » explique le Père Colomb.

« Si on veut un petit peu vivre un défi, certains défis qui sont propres à la mission, notamment le défi de vivre en communion et au service d’une église persécutée, ou bien qui fait l’objet de mesures de brimades de la part d’une administration; si l’on veut vivre avec une communauté catholique qui est tout à fait minoritaire dans un pays où les grandes traditions spirituelles ne sont pas le christianisme mais le bouddhisme ou l’hindouisme ou l’Islam … on part en mission », poursuit le père Colomb.

Les jeunes gens qui choisissent d’être missionnaires savent ce qui les attend, et veulent faire leurs preuves, fait-il valoir.

Les MEP sont le plus ancien des instituts missionnaires. Fondées au XVIIème siècle, pour former un clergé autochtone dans les pays d’Asie, elles poursuivent leur mission d’évangélisation et de fondation de l’Eglise en Asie, ayant déployé quelques 240 prêtres dans une dizaine de pays de la région.

En tout, on chiffre à environ 3.000 le nombre de prêtres, nonnes et laïcs rattachés à l’église catholique française qui servent ses intérêts à l’étranger. Un chiffre en nette baisse comparé aux siècles précédents, ce qui reflète la tendance séculaire de l'Europe.

Le révérend Jean Forgeat, directeur adjoint pour les activités missionnaires au Conseil des évêques de France, évoque la tâche unique des missionnaires. Ils ont toujours encouragé la foi et l’Evangile, fait-il valoir, mais œuvrent également pour le développement humain.

Le professeur Dries Vanysacker de l'Université catholique de Louvain, en Belgique, affirme que les missionnaires sont aujourd'hui confrontés à de nouveaux dangers qui mettent en évidence le contexte radicalement différent dans lequel ils opèrent.

« Je ne dirais pas que c'est moins dangereux d'être missionnaire aujourd'hui qu'il y a 100 ans. Au contraire. Je pense qu'ils sont plus impliqués avec leur prochain que dans le passé, et je pense que c'est une façon plus dangereuse de vivre qu’il y a un siècle. Car à l’époque, ils étaient bien mieux protégés, par des moyens plus puissants, qu'aujourd'hui », déclare le professeur Vanysacker.
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