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Le TPIY est "politique", "a échoué" à réconcilier les Balkans


Photo d'archives: Des survivants bosniaques et des membres de leur famille se rassemblent devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) avant l'annonce du verdict dans le procès pour génocide de l'ancien chef des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic à La Haye, aux Pays-Bas, 24 mars 2016.

Photo d'archives: Des survivants bosniaques et des membres de leur famille se rassemblent devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) avant l'annonce du verdict dans le procès pour génocide de l'ancien chef des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic à La Haye, aux Pays-Bas, 24 mars 2016.

Le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic a qualifié vendredi le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de "tribunal politique" qui "a échoué" à réconcilier les peuples de la région, au lendemain de l'acquittement du leader ultranationaliste serbe Vojislav Seselj

"Le tribunal a échoué à remplir l'un des buts qu'il s'était fixés, la réconciliation dans l'ex-Yougoslavie. De nombreux verdicts ont, de fait, démontré que ce tribunal a agi surtout comme un tribunal politique et non une institution juridique", a déclaré M. Vucic lors d'une conférence de presse à Belgrade.

Le TPIY a acquitté jeudi M. Seselj, 61 ans, de toutes les accusations qui pesaient contre lui, une décision qui a provoqué notamment l'ire des autorités croates. Le TPIY l'a prise une semaine après avoir condamné à 40 ans de prison pour génocide l'ancien leader politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, une décision vivement critiquée par ces derniers.

Plusieurs décisions du TPIY ont par le passée provoqué des réactions complètement opposées dans les ex-républiques yougoslaves, les acteurs du démantèlement sanglant de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990 ayant une lecture complètement différente des événements qui ont conduit à la disparition de l'ancienne fédération.

Le TPIY "n'a cessé d'enfoncer des clous dans le cercueil des Balkans assoupis, pour qu'ils continuent à l'avenir de s'apesantir sur leur passé, les guerres, le sang et les conflits sans rien faire d'autre", a déploré M. Vucic.

Qualifiant le procès contre de M. Seselj de "politique dès le début", le Premier ministre serbe a également vivement critiqué le TPIY pour avoir exigé de Belgrade le retour de l'accusé à La Haye après sa libération en novembre 2014 pour des raisons de santé. A l'époque, la Serbie ne l'avait pas arrêté, invoquant des raisons de procédure.

"Pouvez-vous imaginer quelle aurait été la honte si nous l'avions arrêté (M. Seselj, ndlr) et renvoyé à La Haye au moment où le tribunal savait déjà pertinemment qu'il serait libéré?", s'est interrogé M. Vucic, se déclarant "fier de la manière dont le gouvernement a protégé les intérêts de la Serbie, des citoyens de la Serbie et ceux du citoyen Vojislav Seselj".

Si le Premier ministre a présenté ses "meilleurs voeux" au leader ultranationaliste, il a toutefois pris ses distances avec la politique qu'il défend. "J'estime qu'elle pousse la Serbie vers le passé, vers l'instabilité et vers les problèmes, et je m'opposerai vivement à cette politique", a-t-il dit.

Milorad Pupovac, leader politique des Serbes de Croatie, a lui estimé que l'acquittement de M. Seselj, de même que ceux d'autres inculpés tels le général croate Ante Gotovina ou l'ex Premier ministre kosovar Ramush Haradinaj ne contribuaient pas à la réconciliation régionale.

"Personne n'est satisfait, personne n'a la sentiment que justice a été faite", a-t-il déclaré à la chaine de télévision N1.

M. Vucic a appelé les citoyens serbes à adopter un comportement "différent" de celui des autres peuples dans la région.

"J'appelle à respecter les victimes des autres (peuples, ndlr) de la même manière que nous respectons nos victimes, de comprendre leurs douleurs et leurs souffrances afin de montrer que nous sommes différents des autres", a dit M. Vucic.

Le Premier ministre a par ailleurs reproché à la Croatie et la Bosnie leur absence de volonté de juger les responsables de crimes commis contre des Serbes.

Avec AFP

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