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Le tombeau de Toutankhamon recèlerait deux chambres secrètes


Le buste de Néfertiti est photographié lors d'un aperçu de l'exposition «In The Light Of Amarna» au Neues Museum de Berlin, en Allemagne.(REUTERS/Michael Sohn/Pool )

Le buste de Néfertiti est photographié lors d'un aperçu de l'exposition «In The Light Of Amarna» au Neues Museum de Berlin, en Allemagne.(REUTERS/Michael Sohn/Pool )

L'Egypte en est sûre "à 90%", le tombeau du pharaon Toutankhamon recèle encore des trésors cachés : un radar a repéré deux espaces vides derrière les épais murs qui pourraient renfermer la sépulture de la légendaire reine Néfertiti ou d'une autre souveraine.

Cette étude vient conforter la thèse de l'égyptologue britannique Nicholas Reeves, convaincu qu'on y trouvera la momie et le trésor de la mystérieuse Néfertiti, reine à la beauté légendaire qui exerça un rôle politique et religieux fondamental il y a plus 3.300 ans au côté de son époux le pharaon Akhenaton.

Les autorités égyptiennes se préparent en tous les cas à faire la "découverte du XXIe siècle", avait dit le ministre des Antiquités Mamdouh al-Damati en lançant l'expérience de la tombe de l'enfant-roi Toutankhamon, située dans la Vallée des Rois près de Louxor, dans le sud de l'Egypte. Mais il s'attend, lui, à y découvrir la chambre funéraire d'une autre épouse d'Akhenaton, père de Toutankhamon, voire d'une de ses filles.

"Nous avons deux chambres derrière le mur ouest et le mur nord de la chambre funéraire de Toutankhamon", a annoncé jeudi M. Damati au Caire, dévoilant les résultats d'une étude au radar menée par l'expert japonais Hirokatsu Watanabe.

"Nous en sommes sûrs à plus de 90%", a souligné le ministre, précisant que fin mars, des analyses supplémentaires seront effectuées avec "un radar plus sophistiqué, pour mesurer l'épaisseur des murs et les dimensions de ces chambres". Les résultats seront annoncés le 1er avril.

Pour M. Reeves, l'égyptologue à l'origine de ce projet de recherches, l'une de ces deux chambres est l'hypogée (tombe souterraine en archéologie) de Néfertiti. La seconde pourrait être une salle de stockage inexplorée, qui "daterait apparemment" de l'ère Toutankhamon.

Si Néfertiti était bien l'épouse d'Akhenaton -qui convertit temporairement l'Egypte antique au monothéisme en imposant le culte exclusif du Dieu du soleil, Aton- elle n'était pas la mère de Toutankhamon, dont l'identité suscite bien des interrogations.

Matériaux 'métalliques et organiques'

Pourquoi cette reine influente aurait-elle été enterrée dans une chambre attenante au tombeau de Toutankhamon ? Le mystère aurait son origine dans le décès inattendu de l'enfant-roi à 19 ans, en 1324 avant Jésus-Christ, après seulement neuf ans de règne, estime M. Reeves.

Faute de tombeau disponible pour accueillir Toutankhamon, les prêtres auraient ainsi décidé de rouvrir la tombe de Néfertiti, dix ans après sa mort, pour inhumer le pharaon dans l'hypogée qui au départ n'était pas prévu pour lui, selon l'égyptologue.

Jeudi, M. Damati a expliqué que le radar a décelé aussi la présence de ce qui pourrait être des "matériaux métalliques et organiques" dans les deux chambres cachées, soulignant toutefois qu'il n'était pas possible pour le moment de savoir si cela suggère la présence d'une momie.

Pour le ministre égyptien, il est plus probable que la chambre secrète renferme la sépulture de Kiya -une autre épouse d'Akhenaton-, la fille du pharaon ou encore un membre de la famille royale.

Contrairement aux tombeaux d'autres pharaons qui ont quasiment tous été pillés, celui de Toutankhamon, découvert en novembre 1922 par l'archéologue britannique Howard Carter, recelait plus de 5.000 objets intacts, vieux de 3.300 ans, dont bon nombre en or massif, l'un des plus fabuleux trésors antiques jamais découverts au monde.

La découverte d'une tombe inviolée serait donc une aubaine pour l'Egypte qui tente de relancer le tourisme, un secteur clé de l'économie sinistré depuis 2011 par l'instabilité politique et les attentats jihadistes.

Le coup de grâce a été porté fin octobre, avec l'attentat contre un avion charter russe dans le Sinaï, un drame qui a coûté la vie à ses 224 occupants. La branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué cette attaque, indiquant avoir placé une bombe dans l'appareil avant son décollage de la station balnéaire de Charm el-Cheikh.

Parmi les efforts engagés pour attirer les touristes qui ont déserté le pays des Pharaons, les autorités ont aussi lancé fin octobre un ambitieux projet baptisé "Scan Pyramids", qui vise à découvrir des chambres secrètes au coeur des pyramides de Guizeh et d'éclaircir enfin le mystère entourant leur construction.

Avec AFP

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