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Le tireur du Thalys, peut-être un islamiste radical?


Un train Thalys dans le nord de la France (AP Photo/Virginia Mayo)

Un train Thalys dans le nord de la France (AP Photo/Virginia Mayo)

Si l'identité qu'il déclare est confirmée, il s'agirait d'un marocain de 26 ans, signalé aux renseignements français en 2014 du fait de son appartenance à la mouvance islamiste radicale.

PARIS (Reuters) - L'identité du tireur du Thalys n'est pas établie avec certitude mais il pourrait s'agir d'un Marocain de 26 ans signalé en février 2014 à la France par les autorités espagnoles pour islamisme radical, a déclaré samedi Bernard Cazeneuve.

Son signalement a "aussitôt" conduit la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à émettre à son encontre une fiche "S" qui implique une surveillance discrète, afin de pouvoir le repérer en cas de passage sur le territoire, a précisé le ministre français de l'Intérieur.

"Il convient de rester prudent quant à son identité qui n'est pas encore établie avec certitude à l'heure où je vous parle", a déclaré Bernard Cazeneuve lors d'un point presse.

"Si l'identité qu'il déclare était toutefois confirmée, elle correspondrait à celle d'un individu de nationalité marocaine âgé de 26 ans, signalé par les autorités espagnoles aux services de renseignement français en février 2014 du fait de son appartenance à la mouvance islamiste radicale", a-t-il ajouté.

Il est par ailleurs établi, si son profil est confirmé, qu'il a résidé en 2014 en Espagne puis en 2015 en Belgique, a dit le ministre.

Selon une source au sein de l'antiterrorisme espagnol, il est venu en France en 2014, d'où il a rejoint la Syrie avant de retourner en France.

Une source française a confirmé à Reuters que le suspect "aurait fait un ou des passages en France".

L'individu avait dans un premier temps décliné une autre identité auprès des enquêteurs, qui était "inconnue des services", d'où la prudence de Bernard Cazeneuve, a-t-on expliqué à Reuters de source proche du dossier.

MAÎTRISÉ PAR DES PASSAGERS

L'homme a été transféré tôt dans la matinée à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), au siège de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et de la DGSI, où se poursuit sa garde à vue, démarrée à Arras (Pas-de-Calais), où le train a été arrêté et le suspect interpellé.

Elle peut durer jusqu'à 96 heures.

Le parquet antiterroriste a été chargé de l'enquête côté français.

Le parquet fédéral belge a par ailleurs fait savoir qu'il avait lui aussi ouvert une enquête, le suspect étant monté dans le train reliant Amsterdam à Paris en gare de Bruxelles.

L'homme, qui a blessé deux personnes quand le train était à hauteur d'Oignies, l'une par balle et l'autre au cutter, a été maîtrisé par plusieurs passagers.

D'après les premiers témoignages, un voyageur français, qui s'est trouvé face à lui en allant aux toilettes, a d'abord tenté de l'arrêter avant qu'il ne tire plusieurs coups de feu, a indiqué Bernard Cazeneuve.

Puis deux passagers de nationalité américaine l'ont immobilisé au sol et ont écarté son armement.

C'est dans cet affrontement qu'un des deux Américains a été blessé à coups de cutter. Un tir a par ailleurs atteint un passager franco-américain installé sur son siège, a précisé le ministre français de l'Intérieur. Le pronostic vital des deux hommes n'est pas engagé.

SÉCURITÉ DANS LES TRANSPORTS

François Hollande s'est entretenu samedi matin par téléphone avec ces passagers dont le "courage" et le "sang-froid" a été salué par l'exécutif et a permis "d'éviter un drame", a fait savoir la présidence dans un communiqué.

Il les recevra "dans les prochains jours" à l'Elysée afin de leur "témoigner la gratitude de la France".

"Cela aurait pu être un véritable carnage", a dit à la presse le Britannique Chris Norman, qui a également contribué à neutraliser le suspect.

L'homme portait en effet un fusil d'assaut de type kalachnikov en bandoulière et disposait de neuf chargeurs garnis, d'un pistolet automatique et d'un cutter, comme l'a précisé Bernard Cazeneuve.

Ce dernier a adressé dans la nuit un télégramme à tous les préfets de France pour leur "rappeler les principes de vigilance et de surveillance" nécessaires à l'abord des gares.

"Ces instructions de vigilance valent également pour l'ensemble des transports, aérogares, stations de métro et de RER, tramways, dans le cadre de la posture vigipirate actuellement en vigueur", a-t-il dit, rappelant que la menace était "très élevée".

Depuis les attentats djihadistes qui ont fait 17 morts en janvier, un dispositif de sécurité renforcée a été mis en place en France et plusieurs attentats ont été déjoués.

Bernard Cazeneuve a assuré être "en contact permanent" avec ses homologues des pays voisins ayant des liaisons ferroviaires avec la France afin de "renforcer" les dispositifs de sécurité déjà mis en place dans les trains transfrontaliers.

Le Premier ministre belge Charles Michel a quant à lui proposé une réunion d'urgence entre les ministres des Transports et de l'Intérieur belges, français, allemands et néerlandais pour renforcer ces mesures, notamment en matière de contrôle des bagages.

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