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Le Soudan pas content des mises en garde de Washington aux voyageurs américains


Un véhicule de la MINUAD devant une munition non explosée dans la région du Darfour, le 27 mars 2011.

Le Soudan a rejeté une mise en garde de Washington à ses ressortissants contre tout voyage dans ce pays, particulièrement dans trois zones de conflit, en raison de "menaces terroristes" et de risques d'enlèvements.

Le département d'Etat a émis jeudi un avertissement, accessible sur le site de l'ambassade américaine de Khartoum, déconseillant aux Américains de voyager au Soudan.

"Des groupes terroristes sont actifs au Soudan et ont fait part de leur intention d'attaquer des Occidentaux et leurs intérêts par des opérations suicide, des explosions à la bombe, des fusillades et des enlèvements", selon le texte.

Les Occidentaux sont aussi, selon le document, la cible de vols, de cambriolages dans tout le Soudan, mais particulièrement au Darfour, région de l'Ouest théâtre d'un conflit sanglant depuis 2003.

Le président soudanais Omar el-Béchir est visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des accusations --qu'il rejette-- de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans cette région.

Les voyages dans les Etats du Nil Bleu (sud-est) et du Kordofan-Sud (sud), également théâtre de conflits, sont également déconseillés aux voyageurs américains.

Le ministère soudanais des Affaires étrangères a rejeté vendredi ces évaluations qu'il juge "inexactes".

"Cet avertissement aux voyageurs est en contradiction avec la réalité sur le terrain (...) Des diplomates américains, britanniques et autres ont visité (les Etats du) Darfour, Nil Bleu et du Kordofan-Sud et y ont circulé librement", a déclaré le ministère dans un communiqué.

"Les allégations selon lesquelles il y a des groupes terroristes au Soudan vont à l'opposé de tous les compliments (...) exprimés par des hauts responsables américains sur le rôle de Khartoum dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme dans la région", selon le même texte.

Le ministère réclame du Département d'Etat qu'il revienne sur son évaluation.

Le Soudan était depuis 1997 sous embargo commercial des Etats-Unis qui l'accusaient alors de soutenir des groupes islamistes armés.

Avant de quitter la Maison Blanche, Barack Obama avait annoncé la levée de certaines sanctions économiques, tout en maintenant ce pays sur la liste des "Etats soutenant le terrorisme".

Plus tôt en mars, le ministère soudanais des Affaires étrangères a convoqué le chargé d'affaires américain à Khartoum pour protester contre le décret migratoire du président Donald Trump, qui range le Soudan parmi les six pays dont les ressortissants sont temporairement interdits d'entrée aux Etats-Unis.

Un juge américain a depuis suspendu cette nouvelle mouture du décret.

Avec AFP

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