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L'UA pour une force régionale de protection au Soudan du Sud


Photo de famille des chefs d'Etats africains lors du 27eme sommet de l'UA à Kigali.

Photo de famille des chefs d'Etats africains lors du 27eme sommet de l'UA à Kigali.

Les chefs d'Etat africains réunis au 27e sommet de l'Union africaine à Kigali se sont prononcés lundi en faveur de l'envoi de cette force avec un mandat plus robuste que l'actuelle mission des Nations unies sur place.

La capitale du Soudan du Sud a été le théâtre de combats meurtriers entre les troupes du président Salva Kiir et les forces loyales au vice-président, l'ex-rebelle Riek Machar.

Ces combats, qui ont fait au minimum 300 morts et plusieurs dizaines de milliers de déplacés, ont mis en péril un fragile accord de paix conclu en août 2015 pour mettre un terme à une guerre civile débutée fin 2013, deux ans et demi après l'accession à l'indépendance du pays.

"L'ONU n'a pas le mandat pour imposer la paix (...) Les troupes africaines sont prêtes à s'engager dans des situations très difficiles (...) C'est notre responsabilité", a expliqué à la presse à Kigali le Commissaire à la Paix et la sécurité de l'UA, Smaïl Chergui.

La force de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss), forte de 12.000 hommes, a été critiquée pour ne pas avoir réussi à endiguer les derniers combats à Juba et échoué à protéger les populations civiles prises au piège.

Le président Salva Kiir (au c.), en compagnie de l'ex-chef rebelle Riek Machar (à g.), à Juba, le 8 juillet 2016

Le président Salva Kiir (au c.), en compagnie de l'ex-chef rebelle Riek Machar (à g.), à Juba, le 8 juillet 2016

M. Chergui a ajouté que la brigade africaine d'intervention, dont la création devra être approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU, s'inspirait de celle déployée dans l'est de la République démocratique du Congo depuis 2013.

Forte de 3.000 Sud-Africains, Tanzaniens et Malawites, celle-ci, intégrée à la mission de l'ONU, a activement participé à la défaite en novembre 2013 de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).

L'organisation régionale des pays d'Afrique de l'Est (Igad), qui est au coeur de ce projet, a appelé dimanche le Conseil de sécurité de l'ONU à renforcer la Minuss et à donner à la nouvelle force un "mandat révisé" afin de "séparer les parties au conflit" et "pacifier Juba".

L'Ethiopie, le Kenya et le Rwanda se sont dits prêts à fournir des troupes, tout comme au moins "un pays d'Afrique australe" dont M. Chergui n'a pas dévoilé le nom.

En revanche, la mise en place d'un embargo sur les armes à destination du Soudan du Sud n'a pas abouti, en raison de l'opposition notamment de l'Ouganda, qui entretient des liens très étroits avec le président sud-soudanais Salva Kiir.

Selon M. Chergui, il revient désormais à la communauté internationale de convaincre M. Kiir d'accepter le principe de cette force, alors qu'il a récemment affirmé ne pas vouloir un soldat étranger de plus sur son sol.

Avec AFP

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