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Le Sénat américain a voté mardi l'abolition de la torture


Le sénateur John McCain, qui avait été fait prisonnier durant la guerre du Vietnam, puis torturé (VOA)

Le sénateur John McCain, qui avait été fait prisonnier durant la guerre du Vietnam, puis torturé (VOA)

Le coauteur de la mesure, le sénateur John McCain, ancien prisonnier de guerre au Vietnam, a dit que sa propre expérience lui a montré que torturer des prisonniers est inutile.

Le sénat américain a décidé à une majorité écrasante (78-21) d’interdire le recours à la torture dans les interrogatoires de terroristes présumées et autres suspects détenus par les Etats-Unis. Ce vote transforme en loi le décret du président Barack Obama qui prohibait l’utilisation de ce que les officiels américains appelaient « des techniques d’interrogatoire renforcé ».

Le vote de mardi faisait suite à un rapport publié en 2014 par la Commission sénatoriale du renseignement, et qui a fait l’effet d’une bombe. La Commission y détaillait des années d’abus abjects, allant dessimulations de noyade à l’alimentation dite rectale, un procédé par lequel, selon le Huffington Post, des aliments avaient été introduits dans l’anus de certains des détenus capturés après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Ce rapport avait été rédigé par la sénatrice démocrate, Dianne Feinstein, alors présidente de la commission. Elle a aussi coparrainé le projet de loi qui assujettit toutes les agences du gouvernement américain – depuis le Pentagone jusqu’à la CIA – aux techniques d’interrogatoire autorisées par un manuel de l’armée américaine.

« Nous pouvons renouveler notre engagement en faveur du précepte fondamental que les Etats-Unis ne torturent pas, sans la moindre exception, sans la moindre équivoque pour assurer que les erreurs de notre passé ne seront plus jamais répétées », a-t-elle dit.

Le coauteur de la mesure, le sénateur républicain John McCain, président de la Commission de la défense et ancien prisonnier de guerre au Vietnam, a dit que sa propre expérience lui a montré que torturer des prisonniers ne produit aucun renseignement fiable :

« Nos ennemis agissent sans conscience aucune. Nous ne devons pas. Nous devons continuer d’insister pour que les méthodes que nous utilisons dans ce combat pour la paix et la liberté soient toujours aussi justes et honorables que les objectifs et les idéaux que nous défendons dans cette lutte ».

Certains collègues républicains de M. McCain, ainsi que certains candidats de son parti à la présidentielle de 2016, ne sont pas du même avis. Ils estiment, en effet, que dans certains cas extrêmes où des vies américaines sont en jeu, les autorités devraient avoir une marge de manœuvre quant aux tactiques utilisées pour soutirer des informations aux terroristes présumés.

Cela dit, rien ne garantit à ce stade la promulgation de cette loi. Elle a été votée comme un amendement à un énorme projet de défenses militaires, alors que la Maison Blanche menace d’user de son véto contre certaines de ses dispositions, bien que l’opposition du président Barack Obama à la torture ne fasse pas l’ombre d’un doute depuis son arrivée au pouvoir.

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