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Le scandale des moteurs truqués de Volkswagen prend de l'ampleur


Le nouveau patron de Volkswagen Matthias Mueller, Allemagne, en septembre 2015. Source : AP

Le nouveau patron de Volkswagen Matthias Mueller, Allemagne, en septembre 2015. Source : AP

Le scandale s'étend mardi avec la découverte d'"irrégularités" sur le niveau de CO2 de 800.000 véhicules et au lendemain de nouvelles accusations des autorités américaines.

Colosse aux 12 marques et 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, le numéro deux mondial de l'automobile a annoncé avoir découvert "au cours d'enquêtes internes, des incohérences inexpliquées concernant la mesure des niveaux de CO2", le dioxyde de carbone.

Le niveau d'émissions mentionné s'est révélé être trop bas par rapport à ce qu'il aurait dû être. Cette nouvelle affaire concerne selon une première estimation environ 800.000 véhicules essentiellement diesel, des marques VW, Skoda, Audi et Seat. Et, pour la première fois, un moteur essence est également concerné.

Le groupe a décidé de passer en revue toutes ses différentes procédures sur les moteurs diesel, après qu'a éclaté fin septembre un scandale portant sur l'installation d'un logiciel faussant les résultats des tests antipollution sur onze millions de véhicules. Ce logiciel servait à masquer le niveau réel d'émission d'oxydes d'azote (NOx), polluants atmosphériques toxiques, et non de dioxyde de carbone comme c'est aussi désormais le cas.

Risques financiers en hausse

Pour l'heure, les risques financiers de ces nouvelles irrégularités pour le constructeur sont évalués "à environ deux milliards d'euros". Cela vient s'ajouter aux 6,7 milliards d'euros de provisions destinées à faire face aux premières conséquences et engager le gigantesque rappel des véhicules équipés du logiciel truqueur incriminé.

"Depuis le début, je me suis engagé à ce que nous expliquions les événements complètement et sans ménagement. Rien ni personne ne nous arrêtera. C'est un processus douloureux, mais il n'y a pas d'autre alternative", a déclaré dans le communiqué Matthias Müller, qui a pris les rênes du groupe en septembre après l'éviction de Martin Winterkorn quand l'affaire des moteurs truqués a émergé.

La direction de Volkswagen a promis mardi de "commencer immédiatement à discuter avec les autorités concernées des conséquences" de ce dernier volet du scandale, tandis que son conseil de surveillance a exprimé son "inquiétude" après les nouvelles révélations.

Le scandale des moteurs truqués avait déjà connu un rebondissement lundi: l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA), qui avait la première révélé la tricherie, a accusé le groupe allemand d'avoir violé les normes d'émission de gaz polluants également avec des moteurs diesel 3 litres des marques haut de gamme Audi et Porsche notamment.

Porsche à son tour impliqué

Jusqu'à présent, la tricherie initiale sur le niveau d'émission d'oxydes d'azote n'était avérée que pour de plus petits moteurs, de 1,2, 1,6 et 2 litres, et ne concernait aux Etats-Unis que les marques VW et Audi.

"Il s'agit évidemment d'une mauvaise nouvelle pour Volkswagen", a réagi mardi Holger Schmidt, analyste d'Equinet, "dans la mesure où cette dernière accusation inclut également Porsche".

Or le nouveau patron de Volkswagen, Matthias Müller, qui a pris les rênes au pied levé après le début du scandale, était précédemment à la tête de Porsche et "a dû avoir connaissance de ce problème, même si cela reste encore à prouver", avance l'analyste.

Volkswagen doit rappeler toutes les voitures concernées et les remettre aux normes, ce qui lui coûtera des milliards. Le groupe va aussi faire face à une kyrielle de procès.

Selon l'EPA, au moins 10.000 véhicules seraient concernés aux Etats-Unis par les nouveaux soupçons.

En Allemagne, "les moteurs diesel en question sont déjà soumis à des tests supplémentaires conduits par l'agence fédérale des transports. (...) Dès que cet examen sera terminé seront alors présentés les résultats complets", a promis le ministère des transports.

Face aux accusations en provenance des Etats-Unis, Volkswagen a affirmé qu'aucun programme n'avait été installé sur ces moteurs pour modifier de "manière inappropriée" les tests antipollution. Les moteurs sont "conformes à la loi", a déclaré mardi sa filiale Audi.

Dans ce contexte, les derniers chiffres d'immatriculations de voitures neuves dévoilés pour le mois d'octobre n'ont guère été réjouissants pour Volkswagen, avec en Allemagne un recul de 0,7% sur un an pour la marque Volkswagen, une baisse de 3% pour la France. Aux Etats-Unis, Volkswagen n'a enregistré en octobre qu'une faible progression (+0,2%) de ses ventes alors que ses principaux concurrents ont connu des progressions de l'ordre de 10%. Audi a, en revanche, fortement progressé (+16,8%).

Avec AFP

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