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Le retour de "combattants étrangers" du groupe Etat islamique inquiète les Européens


Un panneau électronique "Je suis Nice" a été allumé en l'honneur des victimes du 14 juillet à Nice, à Bruxelles, Belgique, le 15 juillet 2016.

Un panneau électronique "Je suis Nice" a été allumé en l'honneur des victimes du 14 juillet à Nice, à Bruxelles, Belgique, le 15 juillet 2016.

La possible accélération des retours de "combattants étrangers" en Europe, en raison des défaites militaires de l'organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, est une source d'inquiétude, a déclaré mardi le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

Cette situation rend d'autant plus nécessaire de "renforcer" les échanges d'informations entre pays d'origine de ces combattants, a-t-il souligné devant des journalistes, à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec son homologue français Jean-Marc Ayrault.

"Aujourd'hui, grâce aux progrès que nous réalisons avec la coalition militaire en Irak et en Syrie, on voit que des villes sont regagnées, des provinces entières sont regagnées, mais il y a une inquiétude sur le retour plus important de ces combattants étrangers vers nos pays", a expliqué M. Reynders.

"Nous avons besoin non seulement de renforcer ce que nous avons fait, la collaboration et l'échange d'informations entre la France et la Belgique, mais avec beaucoup d'autres partenaires européens et extra-européens", a-t-il plaidé.

Le ministre a rappelé que la Belgique avait connu en 2014 "le premier attentat commis par un combattant étranger rentré du conflit en Syrie", faisant référence à la tuerie du musée juif à Bruxelles (4 morts), dont l'auteur présumé, Mehdi Nemmouche, est un Français.

Depuis cet attentat, "nous avons intensifié les échanges de renseignements, les échanges d'informations" et convaincu "aussi d'autres partenaires" de faire de même, a précisé M. Reynders.

M. Ayrault a lui aussi estimé que Paris et Bruxelles avaient réalisé des progrès dans leurs échanges d'informations.

"Non seulement nous coopérions déjà, mais la coopération est plus étroite, beaucoup plus fluide, c'est ça qui est important", a-t-il déclaré, interrogé sur l'évolution de cette coopération depuis les attentats de Paris en novembre 2015, préparés depuis Bruxelles.

Lundi, dans un rapport, les services néerlandais du renseignement s'étaient également inquiétés du retour de jihadistes soulignant que "le nombre de combattants de retour augmentera si le +califat+ devait être défait militairement ou s'écrouler".

La semaine dernière, le procureur fédéral de Belgique, Frédéric Van Leeuw, avait également fait part des "fortes préoccupations" liées au retour de jihadistes belges.

"On a déjà des personnes qui prennent contact officiellement avec les ambassades pour pouvoir revenir, essentiellement des femmes et des enfants", avait-il dit à l'AFP en insistant sur la nécessité de prévoir les dispositifs adéquats pour le retour de mineurs "éduqués à la violence".

Proportionnellement à sa population la Belgique est un des pays d'Europe qui fournit le plus de combattants à l'EI. Selon les derniers chiffres officiels, 272 Belges sont "probablement en Syrie" et 193 autres en sont revenus ou ont tenté de s'y rendre.

Avec AFP

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