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Le projet de loi fiscale d'Obama, contesté par les républicains


Barack Obama, présentant le projet de budget pour l'année fiscale 2016

Barack Obama, présentant le projet de budget pour l'année fiscale 2016

Barack Obama se propose de financer la loi fiscale 2016 en augmentant notamment les impôts pour les plus riches, ce que contestent les républicains.

Le président Barack Obama a envoyé au Congrès son projet de budget 2016, un document axé sur la réforme fiscale, la suppression des coupes budgétaires automatique, ainsi qu’une injection de fonds dans les infrastructures nationales.

Le chef de l’exécutif américain estime que des changements radicaux sont nécessaires compte tenue de l’amélioration de la situation économique aux Etats-Unis.

« A un moment où notre économie est en croissance, où nos entreprises créent des emplois à leur rythme le plus soutenu depuis les années 90, et où les salaires commencent à augmenter, nous avons des choix fondamentaux à opérer concernant le genre de pays que nous voulons être », a expliqué le président américain.

M. Obama se propose de financer son budget 2016, d’un coût de 4 000 milliards de dollars, par une réforme fiscale qui alourdirait les impôts pour les plus riches. En outre, il propose le prélèvement, en une seule fois, d’un impôt sur les bénéfices amassés à l’étranger par les sociétés américaines. Jusqu’à présent, ces bénéfices n’étaient taxés que lorsqu’ils étaient rapatriés.

Cette mesure devrait permettre de mobiliser près de 500 milliards de dollars pour la remise en état des infrastructures nationales, en particulier les ponts et autoroutes en dégradation. La hausse des impôts des riches vise, de son côté, à mobiliser quelques 300 milliards de dollars pour des allègements fiscaux en faveur des personnes et ménages à revenus bas et moyen. Selon la Maison-Blanche, il s’agit de « placer les familles de classe moyenne » et l’économie nationale « au cœur des débats ».

De l’avis du président américain, l’amélioration de l’économie ne s’est pas accompagnée d’un relèvement des salaires pour les familles de la classe moyenne. Dans une interview diffusée par la chaine NBC, M. Obama a déclaré: « Ces salaires n’ont pas progressé comme ils l’auraient dû, durant les 30 dernières années, comparativement aux profits des grandes entreprises et des citoyens les plus nantis ».

Au plus fort de la crise économique, M. Obama et les dirigeants du Congrès avaient convenu d’imposer des coupes drastiques dans l’administration, la Défense en particulier. Aujourd’hui, les démocrates demandent à la majorité républicaine d’éliminer ces mesures d’austérité pour l’exercice fiscal commençant le 1er octobre 2015.

« Depuis deux-tiers. C’est la plus rapide réduction soutenue du déficit depuis la démobilisation après à la Seconde Guerre mondiale. Nous nous pouvons nous permettre ces investissements tout en demeurant fiscalement responsable », a assuré le président Obama.

Néanmoins, son projet de budget suscite une vive opposition des législateurs républicains, qui le jugent trop coûteux. Ces derniers ont, à plusieurs reprises, rejeté l’appel du chef de l’exécutif à augmenter les impôts des couches les plus aisées de la société. Les républicains veulent plutôt une réforme des programmes sociaux, du système de pension et d’assurance maladie pour les personnes démunies. Ce qui permettrait, selon eux, de maitriser les coûts associés au vieillissement croissant de la population des Etats-Unis.

Pour l’économiste Pierre-Marie Boisson, le projet de budget du président Obama doit être compris « dans le cadre de l’échéance électorale » de 2016 – un nouveau chef de l’exécutif devant être désigné en novembre de cette année. Certes M. Obama ne se représentera pas, ayant déjà servi deux mandats, « mais l’enjeu est de garder le pouvoir pour les démocrates ». Les questions intérieures, dont l’économie, joueront un rôle primordial dans l’issue de cette élection présidentielle que les démocrates espèrent remporter, et la Maison-Blanche souhaite positionner le parti avantageusement en avance du scrutin, estime M. Boisson.

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