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Assassinat de Chebeya : le procès en appel entre dans le vif


Floribert Chebeya Bahizire, activiste des droits de l'homme en RDC, dont le corps a été retrouvé sans vie dans son véhicule, le 2 juin 2010 ans la périphérie de Kinshasa, au lendemain d'une convocation auprès de l'inspecteur général de la police congolaise.

Floribert Chebeya Bahizire, activiste des droits de l'homme en RDC, dont le corps a été retrouvé sans vie dans son véhicule, le 2 juin 2010 ans la périphérie de Kinshasa, au lendemain d'une convocation auprès de l'inspecteur général de la police congolaise.

Après deux séances consacrées à des questions de procédure, la Haute Cour militaire a consacré l'audience de jeudi à l'interrogatoire du colonel Daniel Mukalay, numéro deux des services spéciaux de la police à l'époque des faits.

Interrogé sur ses liens avec Floribert Chebeya, l'accusé a reconnu l'avoir rencontré mais a assuré qu'il voulait tout simplement "l'aider", en lui transmettant un courrier important.

Cet officier a été reconnu coupable en première instance d'avoir orchestré l'élimination de Chebeya, et condamné à mort.

Fondateur de l'ONG La voix des sans-voix (VSV), Floribert Chebeya a été assassiné en juin 2010 après avoir été convoqué au siège de l'inspection générale de la police pour y rencontrer le général John Numbi, alors à la tête de ce service.

Son chauffeur, Fidèle Bazana, a disparu après l'avoir déposé et la justice a conclu qu'il avait lui aussi été assassiné. Son corps n'a jamais été retrouvé.

L'assassinat de Chebeya, qui au fil des années était devenu de plus en plus critique vis-à-vis du président Joseph Kabila, avait suscité une forte émotion bien au-delà des frontières de la RDC, où celui-ci avait eu droit à des funérailles nationales.

A l'issue d'une enquête dénoncée comme bâclée par les parties civiles, des organisations de défense des droits de l'Homme et plusieurs chancelleries occidentales, quatre policiers ont été condamnés à mort en 2011, un à la réclusion criminelle à perpétuité et trois autres ont été acquittés.

Les familles des victimes attendent du procès en appel qu'il fasse toute la lumière sur le double meurtre sur lequel de nombreuses zones d'ombre subsistent encore.

Elles ont déploré la décision prise le 30 avril par la Cour de suspendre les poursuites contre trois policiers condamnés à mort et aujourd'hui en fuite. L'un d'eux, aujourd'hui en liberté conditionnelle au Sénégal, a mis en cause le général Numbi mais la décision de la Cour rend fort peu probable l'audition de son témoignage.

Écarté quelques jours après le meurtre de Chebeya, le général Numbi s'est toujours défendu d'avoir rencontré Chebeya ou de lui avoir donné rendez-vous.

La Cour a fixé la prochaine audience au 21 mai.

Avec l’AFP

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