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Le procès de Simone Gbagbo suspendu pendant que les victimes réclament justice


Simone Gbagbo, Ivory Coast's former first lady, smiles as she sits in the dock at the Court of Justice in Abidjan on Dec. 26, 2014 for the start of her trial.

Simone Gbagbo, Ivory Coast's former first lady, smiles as she sits in the dock at the Court of Justice in Abidjan on Dec. 26, 2014 for the start of her trial.

Le procès de l'ex-Première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, accusée d'"atteinte à la sûreté de l'Etat", a été suspendu lundi juste à la reprise des audiences après que la défense a soulevé une "exception" sur "l'irrégularité" de la cour.

La défense a notamment brandi le fait que l'ordonnance de désignation de la cour est arrivée à expiration il y a trois mois.

L’audience de lundi n’a duré qu’une trentaine de minutes au tribunal d'Abidjan-Plateau avant que le président de la Cour d'assises, Taïrou Dembélé, ne la suspendu l'audience, sur insistance de la défense, sans indiquer quand le procès reprendra.

Surnommée "la dame de fer", Simone Gbagbo, 65 ans, épouse de l'ex-président Laurent Gbagbo, est jugée aux côtés de 82 dignitaires de l'ancien régime. Le procès, qui se tient à moins d'un an de la présidentielle d'octobre 2015, a démarré vendredi dernier.

Peu avant la reprise du procès lundi, plusieurs dizaines de proches de victimes présentes au palais de justice ont manifesté bruyamment.

"Réclamons justice", "Simone Gbagbo, marraine des escadrons de la mort en Côte d'Ivoire", pouvait-on lire sur des pancartes brandies notamment par des femmes.

Les familles de victimes "réclament justice immédiate et ne veulent pas que le procès de Simone soit différé", elles exigent "qu'elle soit jugée pour crimes contre l'humanité et non pour atteinte à la sûreté de l'Etat", a expliqué à l'AFP Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de Côte d'Ivoire.

Le procès en cours ne couvre pas les "crimes de sang" dont sont accusés les prévenus.

Tout comme son époux, Simone Gbagbo est accusée par la Cour pénale internationale (CPI) de "crimes contre l'humanité" commis durant la crise postélectorale.

Mais, à la différence de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé (ancien chef du mouvement des "jeunes patriotes" pro-Gbagbo), détenus à La Haye, Abidjan refuse le transfèrement de l'ex-Première dame, arguant que sa justice est en mesure d'organiser un procès équitable.

La crise de 2010-2011 avait fait quelque 3.000 morts, après le refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle face à Alassane Ouattara, candidat à sa succession lors de l'élection prévue en octobre 2015.

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