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Le procès de Simone Gbagbo encore une fois repoussé


Vue du tribunal d'Abidjan où est jugée Simone Gbagbo, le 2 octobre 2016 (VOA/Nicolas Pinault)

Vue du tribunal d'Abidjan où est jugée Simone Gbagbo, le 2 octobre 2016 (VOA/Nicolas Pinault)

Le procès de l'ex-première dame de Côte d'Ivoire, pour crimes contre l'humanité, a une nouvelle fois été suspendu car les personnalités ivoiriennes que la défense veut faire entendre n'avaient pas été convoquées.

Simone Gbagbo, qui avait récemment refusé de comparaître, était présente ce mercredi. Le procès doit reprendre lundi.

"Nous constatons avec regret que les témoins n'ont pas reçu les citations à comparaître", a annoncé le juge Boiqui Kouadjo, après une heure de débats.

M. Kouadjo a promis leur venue "le 16 novembre prochain, mais après des témoins anonymes dont la comparution devra débuter le lundi" 7 novembre.

"Voulons-nous que le procès se poursuive ou pas? Si nous voulons que ce procès continue, il faut que les acteurs des faits viennent. Il n'y aura pas d'autres solutions à part ça", s'est insurgé Me Ange Rodrigue Dadje, l'un des avocats de Simone Gbagbo.

Le 24 octobre, alors que devait commencer la première audience consacrée aux témoins de la défense, celle-ci a demandé à entendre l'actuel président de l'Assemblée nationale, l'ancien chef de la rébellion Guillaume Soro, l'ancien Premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou, l'ex-ministre Charles Koffi Diby, l'ex-patron de l'armée, le général Philippe Mangou, ainsi que le directeur général de la police nationale Brindou M'Bia.

"A partir du moment où ces personnes ont été citées, il revient à la Cour et au parquet général de prendre les meilleures dispositions pour que ces personnes puissent comparaitre" a souligné la défense.

Mais pour le procureur général Aly Yéo, "il n'est prévu nulle part que le procureur (...) convoque quelqu'un".

"On constate que l'accusée est incapable de faire comparaitre ses témoins, on ne peut demander à son adversaire de faire venir ses témoins pour elle", a souligné M. Yéo.

La défense de Mme Gbagbo va se réunir dans les jours qui suivent avec leur cliente pour arrêter une "position définitive sur la conduite de la suite du procès".

La Cour d'assises d'Abidjan juge Mme Gbagbo depuis le 31 mai. Elle est citée pour son implication présumée dans des tirs d'obus sur le marché d'Abobo, un quartier favorable à Alassane Ouattara - le rival de son mari à la présidentielle de novembre 2010 -, dans la sanglante répression des femmes d'Abobo et pour sa participation à une cellule de crise qui planifiait et organisait des attaques menées par des milices et des membres des forces armées proches du régime.

Ces crimes ont été commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait plus de 3.000 morts en cinq mois dans le pays après le refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire de M. Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

Simone Gbagbo comparaît alors qu'elle purge déjà une première peine de 20 ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", prononcée en 2015.

Avec AFP

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