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Le Premier ministre tunisien demande un vote de confiance au Parlement


Le Premier ministre tunisien et son gouvernement lors d'un conseil des ministres extraordinaire, le 23 janvier 2016 à Carthage. (AP Photo/Riadh Dridi)

Le Premier ministre tunisien et son gouvernement lors d'un conseil des ministres extraordinaire, le 23 janvier 2016 à Carthage. (AP Photo/Riadh Dridi)

Le chef du gouvernement tunisien Habib Essid, sous pression depuis plusieurs semaines, a officiellement demandé mercredi un vote de confiance du Parlement sur son cabinet.

Cette nouvelle intervient alors qu'un bras de fer sur les modalités de son départ se joue en coulisses depuis le 2 juin, date à laquelle le président Béji Caïd Essebsi a proposé la formation d'un cabinet d'union nationale face aux critiques contre le gouvernement, accusé d'inefficacité.

La Tunisie a réussi sa transition politique après la révolution de 2011 mais son économie est en crise et elle a été frappée depuis 2015 par une série d'attaques jihadistes sanglantes.

Dans une interview diffusée mercredi soir sur la chaîne privée Attessia TV, M. Essid a expliqué sa décision d'aller au parlement par la nécessité que "la question soit résolue le plus vite possible", alors que les pourparlers sur le gouvernement d'union durent depuis un mois et demi.

Il a aussi pour la première fois publiquement fait état de "pressions", et critiqué la manière dont l'initiative du président a été annoncée ainsi que son timing.

Plus tôt, une source gouvernementale avait annoncé à l'AFP que le chef du gouvernement avait déposé une demande auprès de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP, Parlement) pour un vote de confiance.

La requête doit être examinée par le bureau de l'ARP et le vote devrait avoir lieu la semaine prochaine, selon une source parlementaire.

Aux termes de la Constitution, si la confiance ne lui est pas renouvelée, le gouvernement est considéré comme démissionnaire et le président charge la "personnalité la plus apte" d'en former un nouveau.

- 'Pas un déserteur' -

Mercredi soir à la télévision, le chef du gouvernement, qui n'avait pas été mis au courant de l'initiative par le président, a critiqué "la manière" dont elle a été proposée.

"On aurait gagné beaucoup de temps s'il y avait eu des consultations avant (...), pour qu'on l'applique aussitôt annoncée. Qu'on ne reste pas un mois et demi à préparer un programme" à ce gouvernement, a-t-il lancé.

Tout en assurant ne pas être contre un cabinet d'union "sur le principe", M. Essid a jugé que "le timing n'était pas bon" en raison notamment des "dangers terroristes" persistants.

Le chef du gouvernement a en outre affirmé que le président ne lui avait "jamais" personnellement demandé de démissionner, mais il a pour la première fois en public fait état de "pressions" exercées par "des intermédiaires" qu'il n'a pas nommés.

"Moi, je ne démissionne pas. Je ne suis pas le soldat qui fuit le champ de bataille, ça s'appelle un déserteur", a-t-il dit. "Et ce malgré les interventions et les gens. L'un est venu me voir en me disant +Démissionne, on te fera sortir par la grande porte+, l'autre m'a dit +Si tu ne démissionnes pas, on va t'humilier+", a-t-il poursuivi sans plus de détails.

Des proches de M. Essid ont attribué ces pressions au camp du fils du chef de l'Etat, Hafedh Caïd Essebsi, un dirigeant du parti Nidaa Tounès.

La semaine dernière, un document baptisé "Accord de Carthage", censé ouvrir la voie à la formation du gouvernement d'union, avait été signé au palais présidentiel en l'absence de M. Essid.

Ce document recensant les axes de travail du futur gouvernement a été signé après de longs pourparlers par les partis au pouvoir mais aussi, entre autres, par le patronat Utica et le syndicat UGTT.

Avec AFP

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