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Le Premier ministre tchèque ne veut pas d'une "forte communauté musulmane" dans son pays


Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, arrive pour un sommet européen à La Valette, Malte, le 11 novembre 2015.

Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, arrive pour un sommet européen à La Valette, Malte, le 11 novembre 2015.

Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, s'est prononcé mardi contre la constitution d'une "forte communauté musulmane" dans son pays, plaidant pour la "souveraineté" de chaque pays de l'UE en ce qui concerne la décision sur le nombre de migrants accueillis.

"Nous n'avons ici aucune forte communauté musulmane. Et à vrai dire, nous ne souhaitons pas qu'une forte communauté musulmane se forme ici, vu les problèmes que nous observons", a indiqué M. Sobotka au quotidien Pravo.

La communauté musulmane en République tchèque (10,5 millions d'habitants), compte entre 10.000 et 20.000 membres, selon différentes estimations.

Le chef du gouvernement tchèque a tenu ces propos avant la visite à Prague de la chancelière allemande Angela Merkel, prévue jeudi.

"Nous avons un intérêt commun avec l'Allemagne, mais nos opinions divergent quant à la façon de résoudre (la crise migratoire)", a souligné M. Sobotka, dans les colonnes de Pravo.

La République tchèque s'oppose farouchement, avec les autres pays du "groupe de Visegrad" qui comprend aussi la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, à une répartition contraignante des réfugiés entre les pays membres de l'UE, par le biais d'un système des quotas d'accueil.

"Je suis persuadé depuis le début du débat migratoire que les pays membres doivent bénéficier de la souveraineté, quant à la décision sur le nombre des réfugiés", a déclaré M. Sobotka.

"Ce sont les gouvernements nationaux qui doivent en fin de compte garantir aux gens leur sécurité", a-t-il insisté.

Le Premier ministre social-démocrate tchèque a toutefois mis en garde à cette occasion contre l'amalgame entre réfugiés et terroristes.

"Il n'est pas possible de mettre un signe d'égalité entre réfugié et terroriste. Mais dans le même temps, il n'est pas possible d'avoir la même approche que l'Allemagne l'année dernière, à savoir d'autoriser l'afflux d'un nombre immense de gens, sans aucun contrôle", a-t-il affirmé.

Mme Merkel doit également rencontrer jeudi le président tchèque Milos Zeman, opposé à tout accueil de migrants sur le territoire tchèque.

M. Zeman a récemment affirmé que la politique migratoire de la chancelière allemande dont le pays a accueilli 1,1 million de personnes l'an dernier était "dénuée de sens".

M. Sobotka rencontrera Mme Merkel une nouvelle fois vendredi à Varsovie, avec ses homologues du "groupe de Visegrad".

Avec AFP

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