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Le Premier ministre belge promet "toute la lumière" sur les attentats de Bruxelles


Le Premier ministre belge Charles Michel, au centre, serre la main des policiers et des premiers secours en face du terminal de l'aéroport endommagé Zaventem à Bruxelles le 23 Mars 2016. (AP Photo/Frederic Sierakowski)

Le Premier ministre belge Charles Michel, au centre, serre la main des policiers et des premiers secours en face du terminal de l'aéroport endommagé Zaventem à Bruxelles le 23 Mars 2016. (AP Photo/Frederic Sierakowski)

Charles Michel, a promis "toute la lumière" alors que deux de ses ministres ont proposé leur démission à la suite de ratés dans la surveillance d'un des kamikazes, ce que le chef du gouvernement a refusé.

"Le gouvernement et les autorités compétentes mettront absolument tout en oeuvre pour faire la lumière sur les attentats", a assuré M. Michel, dans une allocation solennelle au troisième jour de deuil national en Belgique, alors que resurgissent des critiques contre les services de sécurité belges.

"Il ne pourra pas y avoir d'impunité (...) Il ne pourra pas y avoir de zones d'ombre", a-t-il insisté, après les attaques kamikazes mardi qui ont fait 31 morts et 300 blessés, selon un bilan provisoire.

"Nous ne céderons pas à la barbarie", a affirmé le chef du gouvernement, en présence du roi Philippe et de la reine Mathilde, des membres de son gouvernement, du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et de son premier vice-président, Frans Timmermans.

Dans un rare symbole d'unité pour un pays souvent tiraillé entre Flamands et francophones, le couple royal ainsi que les représentants des différents gouvernements et parlements du royaume, ont honoré les victimes. La Belgique a observé une nouvelle minute de silence à 13H30 GMT.

Cette démonstration exceptionnelle d'union a été ternie par des remous suscitées au plus haut niveau de l'Etat par les ratés supposés dans la lutte antiterroriste.

Peu auparavant, lors d'un conseil des ministres restreint, Jan Jambon (Intérieur) et Koen Geens (Justice) avaient proposé leur démission mais elle a été refusée par le Premier ministre.

Selon une source gouvernementale, les deux ministres se sont sentis "politiquement responsables" d'un raté dans la surveillance d'un des kamikazes des attentats de Bruxelles, Ibrahim El Bakraoui, qui s'est fait exploser mardi à l'aéroport.

Ce dernier avait été expulsé l'été dernier de Turquie et les autorités belges prévenues de son profil de "combattant terroriste", d'après Ankara. Pour autant, "bien que nous les ayons informées (...), les autorités belges n'ont pas été en mesure d'identifier ses liens avec le terrorisme" et il est resté libre, avait déploré jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Il y a eu des erreurs à la Justice et avec l'officier de liaison (belge) en Turquie", a reconnu M. Jambon au quotidien Le Soir.

"Vu les faits, il est légitime que les gens se posent des questions", a reconnu le ministre de l'Intérieur à la télévision flamande VTM. "On peut se demander comment il est possible qu'une personne soit libérée aussi tôt et que nous ayons laissé passer la chance de l'arrêter à nouveau quand il était en Turquie".

Ibrahim el Bakraoui, condamné en 2010 à neuf ans de prison pour avoir tiré sur des policiers après un braquage, avait été libéré en 2014 sous conditions.

Les groupes parlementaires, tant de la majorité (libéraux, nationalistes flamands) que de l'opposition (socialistes, écolos etc), ont décidé de créer une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette affaire.

Mais "sans traîner, dès demain (vendredi), des ministres devront s'expliquer", a affirmé le chef du groupe Ecolo à la Chambre, Jean-Marc Nollet.

Jan Jambon, Koen Geens et leur collègue des Affaires étrangères Didier Reynders seront auditionnés par des parlementaires "pour savoir quelles informations ils ont eu à leur disposition".

Où en est l'enquête jusqu'ici ?

Les enquêteurs ont identifié Ibrahim El Bakraoui, 27 ans, et Najim Laachraoui, comme étant les deux kamikazes de l'aéroport de Bruxelles. Ce sont eux qui figurent sur une vidéo-surveillance en train de pousser des bagages près des comptoirs.

Mais un troisième homme apparaissant à leurs côtés, portant une veste beige et un chapeau noir, est toujours activement recherché. D'après le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw, "son sac contenait la charge la plus importante".

Khalid El Bakraoui, 29 ans, a été identifié comme le kamikaze du métro. La police recherche un second suspect, en lien avec cette attaque. Les images de vidéo-surveillance montrent qu'avant de monter dans la rame où il s'est fait exploser, Khalid El Bakraoui parle à un autre homme, resté à quai.

Avec AFP

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