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Le Pentagone critiqué pour sa nouvelle politique envers les correspondants de guerre


Une vue aériennede l'immeuble du Pentagone à Washington, 15 juin 2015.

Une vue aériennede l'immeuble du Pentagone à Washington, 15 juin 2015.

Le New York Times est revenu dans son éditorial sur les recommandations du Pentagone selon lesquelles les correspondants de guerre devaient être traités dans certains cas comme des "combattants illégaux", devant subir le même traitement que des espions.

Faites en juin dans le nouveau manuel de Droit de la guerre du ministère de la Défense (Defense Department's new Law of War Manual), ces recommandations du Pentagone étaient passées relativement inaperçues.

Le document estime que, de manière générale, les journalistes sont des civils qui doivent être protégés.

Mais dans certains cas dont les contours ne sont pas clairement définis, les journalistes peuvent être considérés comme des "combattants illégaux", catégorie qu'ils partageraient par exemple avec les membres d'Al-Qaïda.

"Ecrire sur des opérations militaires peut être très similaire au fait de collecter des renseignements ou même espionner", spécifie le manuel.

"Un journaliste qui agit comme un espion peut être soumis à des mesures de sécurité et puni s'il est capturé. Pour éviter d'être confondus avec des espions, les journalistes devraient travailler ouvertement et avec la permission des autorités compétentes".

Pour le manuel, "les Etats peuvent avoir besoin de censurer le travail des journalistes ou prendre des mesures de sécurité pour qu'(ils) ne révèlent pas d'information sensible à l'ennemi".

Il s'agit pour le New York Times d'une "grave atteinte à la liberté de la presse".

"Les dirigeants autoritaires à travers le monde pourraient s'en servir pour montrer que leur traitement despotique des journalistes -- dont des Américains -- est largement en accord avec les normes érigées par le gouvernement américain", estime le quotidien.

Associer espionnage et journalisme, estime le Times, nourrit la propagande des régimes qui discréditent les journalistes occidentaux en les accusant à tort d'être des espions.

La Commission de protection des journalistes (Committee to protect journalists) avait également critiqué les recommandations le mois dernier.

"A un moment où le leadership international sur les droits de l'homme et de la presse est plus que jamais nécessaire", estimait le CPJ, "le Pentagone a publié un document qui sert ses propres intérêts et participe malheureusement à abaisser le niveau".

Avec AFP

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