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Le passé colonial du Royaume-Uni fait des remous dans ses prestigieuses universités


Des étudiants applaudissent le déplacement de la statue de Cecil John Rhodes à l'Université de Cape Town en Afrique du Sud, le 9 avril 2015. (REUTERS/Sumaya Hisham)

Des étudiants applaudissent le déplacement de la statue de Cecil John Rhodes à l'Université de Cape Town en Afrique du Sud, le 9 avril 2015. (REUTERS/Sumaya Hisham)

L'université de Cambridge a décidé de ne plus exposer une statue en bronze de l'ancien royaume du Bénin qui aurait été pillée pendant la période coloniale, après une motion de ses étudiants réclamant qu'elle soit rendue à son pays d'origine.

Le Jesus College, une des 31 facultés de la prestigieuse université britannique, a précisé qu'il allait désormais engager des discussions avec le Nigeria et les autorités patrimoniales britanniques pour décider du devenir de ce bronze représentant un coq et baptisé Okukor. Sera étudiée "y compris l'éventualité de le rapatrier" au Nigeria.

Cette décision intervient après le vote en février par le syndicat des étudiants de la faculté d'une motion réclamant que l'oeuvre d'art, qui trônait dans le hall de la faculté depuis les années 1930, soit rendue à son pays d'origine, où elle a été volée pendant "une expédition punitive".

Selon le journal en ligne africain African Ventures, l'oeuvre ferait partie du butin emporté par les troupes britanniques après le pillage en 1897 de la cité du Bénin, aujourd'hui territoire nigérian.

Les initiatives des étudiants se multiplient dans les universités britanniques pour dénoncer le passé colonial du pays.

Mercredi, les étudiants d'Oxford étaient appelés à manifester pour demander qu'une statue du colonisateur Cecil Rhodes soit déboulonnée après la décision fin janvier de l'université de la conserver.

Cette statue en calcaire, qui orne la façade d'un bâtiment d'Oriel College, a fait l'objet d'une consultation auprès des étudiants, des professeurs, des anciens et des associations vouées au patrimoine.

A son issue, Oriel College avait affirmé que "pour des raisons variées, une grande majorité souhaite que la statue reste en place" et estimé que "la présence de ces objets historiques offre un témoignage important de la complexité de l'histoire et de l'héritage du colonialisme".

Mais selon les médias, la décision a été motivée par la crainte de perdre jusqu'à 100 millions de livres (130 million d'euros) de donations.

Avec AFP

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