Liens d'accessibilité

Le parti de Mugabe accusé de réserver l'aide alimentaire à ses partisans au Zimbabwe


Des milliers de supporters du parti Zanu PF se sont rassemblés autour du siège social du parti pour montrer leur soutien au président Robert Mugabe

Des milliers de supporters du parti Zanu PF se sont rassemblés autour du siège social du parti pour montrer leur soutien au président Robert Mugabe

Le parti du président zimbabwéen Robert Mugabe prive les partisans de l'opposition de l'aide alimentaire d'urgence destinée à pallier les pénuries de nourriture dues à la sécheresse, a accusé mercredi une commission de défense des droits de l'Homme.

"Des membres du parti au pouvoir sont responsables d'abus dans la distribution de nourriture", a affirmé Elasto Mugwadi, le chef de la Commission des droits de l'Homme au Zimbabwe (ZHRC) dont les membres sont pourtant nommés par le gouvernement.

Des jeunes de l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) "ont ouvertement dit aux militants de l'opposition qu'ils n'obtiendraient pas d'aide alimentaire", a poursuivi M. Mugwadi, expliquant que cela concernait plusieurs régions rurales du pays.

Il a précisé que ces militants n'étaient pas censés "participer à la distribution de nourriture" et qu'un "grand nombre de personnes" était victime de ces restrictions, sans plus de précision.

La sécheresse qui frappe l'Afrique australe a aggravé la situation économique déjà précaire du Zimbabwe.

Le pays est secoué depuis plusieurs semaines par des manifestations réclamant le départ de Robert Mugabe, 92 ans, accusé de ruiner l'économie du pays.

"Les responsables doivent garantir l'impartialité dans la distribution de l'aide", a souligné M. Mugwadi.

Le principal parti d'opposition au Zimbabwe, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), accuse régulièrement la Zanu-PF de réserver l'aide alimentaire à ses militants.

Plus tôt cette année, le gouvernement zimbabwéen avait déclaré avoir besoin d'1,5 milliard de dollars d'aide étrangère pour éviter la famine, affirmant que 4,5 millions de personnes, la moitié de sa population rurale, était menacée.

Outre le Zimbabwe, plusieurs pays d'Afrique australe comme le Malawi ont déclaré l'état de catastrophe naturelle à cause de la sécheresse, qui a détruit les récoltes et tué des milliers de tête de bétail.

Le porte-parole de la Zanu-PF n'était pas disponible dans l'immédiat pour réagir à ces accusations.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG