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Le Parlement burkinabè autorise le retrait de plus de 100.000 parcelles illégalement attribuées sous Compoaré


Le parlement soutient avoir relevé de nombreuses irrégularités dans l’acquisition de ces parcelles de terre. Il accuse le régime de l’ancien président Compoaré d’en être responsable.

Selon l’enquête du Parlement, au total 105.000 lopins de terres ont été illégalement attribués.

Les députés burkinabé enjoignent d'annuler leurs attributions à l’issue d’une enquête parlementaire diligentée dans 15 communes du pays et concernant la période 1992 à 2015.

Une enquête de 3 mois a permis d’épingler les noms des barons du régime de Baise Compaoré ainsi que des opérateurs immobiliers. Parmi eux, Boukary Jacques Niampa, ancien chef des infrastructures de Blaise Compaoré ou Salia Sanou, l’ancien maire de Bobo Dioulasso.

La société Abdoul service et Alizeta Ouedraogo belle-mère de François Compaoré sont cités parmi les sociétés immobilières mises en cause.

Les activistes des mouvements citoyens saluent la décision du Parlement.

Pour l’activiste et leader du balai citoyen Smockey il faut aller plus loin même si c’est déjà un bon début.

"Nous saluons ce geste qui apporte un peu plus de transparence. C’est très choquant de voir que certains possèdent des milliers de parcelles pendant que des Burkinabés n’ont aucune possibilité d’en avoir. C’est très choquant de voir que beaucoup ont fait main basse sur ces parcelles de la façon la plus mafieuse qui soit", déclare Serges Bambara ‘’Smockey’’, leader du Balai Citoyen.

Un homme prend une photo de l'édifice du Parlement brûlé à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso 31 octobre 2014.

Un homme prend une photo de l'édifice du Parlement brûlé à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso 31 octobre 2014.

Dans la rue, certains Burkinabés attendent que justice soit faite :

"Je loue l’acte du parlement mais notre souhait est qu’ils aillent jusqu’au bout", confie cet habitant de Ouagadougou.

Avant d’interroger : "Est-ce que réellement les parcelles seront retirées et réattribuées, ça doit pas s’arrêter seulement aux membres du CDP (NDLR, parti de Blaise Compaoré). La loi est pour tout le monde".

Les députés espèrent ainsi qu’une prochaine enquête permettra d’aller au-delà des 15 communes déjà auditées et concernera tout le monde sans exclusive.

Reportage d’Issa Napon à Ouagadougou

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