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Le pape François en visite sur l'île grecque de Lesbos


Le pape François sur la place Saint-Pierre au Vatican le 13 avril 2016.

Le pape François sur la place Saint-Pierre au Vatican le 13 avril 2016.

Le pape François sera, pour quelques heures, en visite sur l'île grecque de Lesbos qui accueille des milliers de migrants chaque mois.

"Peut-être qu'il peut faire ouvrir les frontières?" dit Nedal, Syrien de 35 ans, qui connaît le pape seulement par la télévision. Il veut croire que François réalisera un miracle lors de sa visite à Lesbos, samedi.

Le pape va passer quelques heures sur cette île grecque, principale porte d'entrée en Europe pour, depuis 2015, plus d'un million de personnes fuyant guerres et pauvreté. François refuse, par ailleurs, le distinguo européen entre réfugiés et migrants économiques.

Une visite, a-t-il dit, pour "exprimer proximité et solidarité" aux réfugiés et aux citoyens de Lesbos. Le souverain pontife sera accompagné de hauts dignitaires orthodoxes, religion ultra-majoritaire en Grèce, dont le patriarche de Constantinople Bartholomée.

Il considère cette visite comme "une invitation à la communauté internationale" à se mobiliser pour l'accueil des exilés, en invoquant la tradition chrétienne de l'hospitalité.

Sur île, une visite à portée humanitaire

Dans les murs du camp de Moria, quelque 3.000 personnes sont enfermés, arrivées après la date fatidique d'entrée en vigueur de l'accord UE-Turquie, le 20 mars, et vouées au renvoi, sauf hypothétique acceptation de leur demande d'asile en Grèce.

"On a fait seulement un peu de nettoyage pour rendre la ville présentable, ils veulent que tout soit très simple, c'est une visite humanitaire", souligne auprès de l'AFP Marios Andreotis, porte-parole et conseiller du maire de Mytilène, Spyros Gallinos.

Ce dernier s'est félicité dans un communiqué de cette "visite hautement symbolique", "historique", des leaders de la chrétienté.

A quelques kilomètres de Mytilène, ils sont 200, tous arrivés avant le 20 mars, principalement des familles syriennes attendant une relocalisation dans l'UE, à vivre dans un hôtel loué en novembre par l'ONG catholique Caritas.

'Pas trop d'illusions'

Maritina Koraki, coordinatrice de Caritas à Lesbos, confirme que les pensionnaires de l'hôtel "sont très excités, veulent toucher le pape et lui parler, et espèrent qu'après sa visite, les choses iront mieux".

Un peu à part, le président de la conférence épiscopale de Grèce, Fragkiskos Papamanolis, discute avec le nonce apostolique en Grèce, Edward Adams. Lui aussi espère que les réfugiés "comprendront l'intérêt et l'amour" que leur porte le pape, et "seront contents".

A Moria, au milieu des collines plantées d'oliviers, l'ambiance est tout autre. La police empêche qu'on s'approche des clôtures. Les tentes du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) s'étendent à perte de vue.

Joint par téléphone à l'intérieur du camp, Farydoon, un Afghan de 23 ans, est désespéré. Il évoque plusieurs tentatives de suicide parmi ses compagnons d'infortune. "Peut-être que le pape comprendra au moins ce qui nous arrive", avance-t-il.

Ilias, un Gréco-Congolais d'Athènes, a eu l'autorisation de venir converser à travers la clôture avec son cousin de Kinshasa, arrivé là il y a deux semaines, auquel il a apporté un peu d'argent. Le jeune migrant, qui ne donne pas son nom, n'a pratiquement aucune chance d'obtenir l'asile.

Avec son élégante chemise en jean et sa montre dorée, un peu décalées, il parle tête baissée. "C'est quand même bien que le pape vienne", souffle-t-il, "il va plaider pour nous". "Dans ta situation, ne te fais pas trop d'illusions", tranche Ilias.

Avec AFP

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