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Le pape François choisit le N.3 du Vatican comme délégué à l'Ordre de Malte


Le pape François, 18 janvier 2017.
Le pape François, 18 janvier 2017.

Mgr Giovanni Angelo Becciu est désormais le délégué spécial du Vatican auprès de l'Ordre de Malte, selon l’acte de nomination de pape François de samedi 4 février 2017. N.3 du Vatican, l’évêque promu sera chargé du renouvellement spirituel et moral de l'Ordre dont le souverain pontife avait poussé le Grand Maître à la démission après une âpre dispute.

En "étroite collaboration" avec la direction intérimaire, Mgr Becciu sera chargé du "renouvellement spirituel et moral de l'Ordre", explique le pape dans sa lettre de nomination diffusée par le Saint-Siège.

Son mandat prendra fin lorsqu'un nouveau Grand Maître aura été élu, au terme d'un "chapitre général extraordinaire" qui devrait se tenir dans les trois mois.

En attendant, Mgr Becciu sera "mon porte-parole exclusif" auprès de l'Ordre, écrit le pape, ôtant ainsi tout pouvoir à Mgr Raymond Burke, un cardinal américain ultra-conservateur parmi ses opposants les plus virulents, dont le titre de représentant du Saint-Siège auprès de l'Ordre de Malte est désormais vidé de toute substance.

La crise à l'Ordre de Malte avait été déclenchée par la distribution de préservatifs, bannis par l'Eglise catholique comme tous les contraceptifs, dans des dispensaires de l'Ordre en Afrique et en Birmanie.

Une enquête interne avait conduit début décembre au limogeage du N.3 de l'Ordre, l'Allemand Albrecht Freiherr von Boeselager. Un bras de fer s'en était suivi avec le Saint-Siège, qui a finalement obtenu la démission du Grand Maître, le Britannique Matthew Festing, pourtant nommé à vie, et le rétablissement de M. von Boeselager.

"Les accusations à mon encontre sont sans fondements, ma conscience est claire", a assuré ce dernier jeudi lors d'une conférence de presse, expliquant que les distributions de préservatifs avaient cessé dès qu'il en avait eu connaissance.

Pour expliquer la crise, M. von Boeslager a évoqué "une tension croissante" entre les membres élus du gouvernement et un groupe sans statut constitutionnel entourant le Grand maître, qui a été selon lui "mal conseillé".

L'Ordre semble tiraillé entre les tenants d'une vision traditionnelle et des voix plus progressistes souhaitant concentrer les efforts de l'institution sur les activités humanitaires.

Mais pour M. von Boeslager, la page est tournée, et l'Ordre "se concentre pleinement sur les énormes défis de la diplomatie humanitaire et du travail sur le terrain".

Né durant les croisades, l'Ordre gère de nombreux hôpitaux et dispensaires dans plus de cent pays avec 13.500 membres et 100.000 employés ou bénévoles.

Avec AFP

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