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Le pape critique sévèrement le système mondial de libéralisation des échanges


Du dessus d'une affiche au visage du pape François, des officiers de l'armée kényane assistent à une messe qu'il célèbre à Nairobi, au Kenya, le 26 novembre 2015. (Photo REUTERS/Stefano Rellandini)

Du dessus d'une affiche au visage du pape François, des officiers de l'armée kényane assistent à une messe qu'il célèbre à Nairobi, au Kenya, le 26 novembre 2015. (Photo REUTERS/Stefano Rellandini)

Dans son discours devant l'ONU à Nairobi, le pape a pointé du doigt le système de libéralisation des échanges dans le cadres des accords régionaux et de l'Organisation Mondiale du Commerce.

Au deuxième jour de son voyage en Afrique, le souverain pontife a évoqué, entre autres, la 10ème Conférence ministérielle de l'OMC, qui doit se tenir du 15 au 18 décembre dans la capitale kényane.

"Il semble qu'on ne soit pas encore arrivé à un système commercial international équitable et totalement au service de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion", a-t-il estimé, lors d'un discours axé sur la dégradation de l'environnement.

Les relations commerciales entre les Etats, a-t-il averti, peuvent autant servir à porter préjudice à l'environnement qu'à l'assainir.

Il a souhaité que les délibérations de la prochaine conférence "ne soient pas un simple équilibre des intérêts en conflit, mais un vrai service à la sauvegarde de la maison commune".

Le pape argentin a évoqué spécifiquement la propriété intellectuelle et l'accès aux médicaments.

"Je veux m'unir, a-t-il dit, aux préoccupations de nombreuses entités engagées dans la coopération au développement et dans l'assistance sanitaire -dont les congrégations religieuses- qui concernent les accords sur la propriété intellectuelle et l'accès aux médicaments ainsi qu'aux soins essentiels de santé".

"Les traités de libre commerce régionaux sur la protection de la propriété intellectuelle, en particulier dans le domaine pharmaceutique et biotechnologique, non seulement ne doivent pas limiter les facultés déjà accordées aux Etats par les accords multilatéraux mais, au contraire, devraient être un instrument pour assurer un minimum d'assistance sanitaire et d'accès aux traitements de base pour tous".

"Les discussions multilatérales, à leur tour, a-t-il encore observé, doivent donner aux pays les plus pauvres le temps, la flexibilité et les exceptions nécessaires à une adaptation ordonnée, et non traumatisante, aux normes commerciales".

Il a ajouté que l'interdépendance et l'intégration des économies "ne devaient pas provoquer le moindre préjudice aux systèmes de santé et de protection sociale existants" mais "favoriser leur création et leur fonctionnement".

"L'élimination du paludisme et de la tuberculose, le traitement des maladies dites ‘orphelines’ et les domaines négligés de la médecine tropicale, réclament une attention politique prioritaire, avant tout autre intérêt commercial", a-t-il martelé.

L'accès des plus pauvres aux médicaments, notamment antisida, a fait l'objet de débats passionnés dans les années 2000 à l'OMC.

Sommet sur le climat de Paris

Le pape François a également averti, dans son discours, de conséquences "catastrophiques" si la conférence internationale sur le réchauffement climatique, qui s'ouvre dimanche à Paris, échouait .

"Ce serait, j'ose le dire, catastrophique, que les intérêts particuliers l'emportent sur le bien commun", lors de cette conférence, a mis en garde le pape François, s'adressant aux agences onusiennes de l'environnement (PNUE) et de l'habitant (ONU-Habitat).

Avec AFP

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